Seine-Saint-Denis: Les chevaux s’installent à l’hôpital

SANTE Un hôpital de la Seine-Saint-Denis inaugure ce vendredi le premier partenariat avec un centre équestre pour tester pas à pas l’équithérapie…

Oihana Gabriel

— 

Quatre chevaux sont accueillis dès cette semaine dans le parc de 6 hectares de cet hôpital
Quatre chevaux sont accueillis dès cette semaine dans le parc de 6 hectares de cet hôpital — Hôpital Sainte-Marie

Chambre avec vue sur les chevaux. A partir de ce vendredi, l’hôpital Sainte-Marie à Villepinte (Seine-Saint-Denis) proposera à ses patients d’admirer et peut-être caresser des chevaux. Un partenariat inédit en Ile-de-France se noue entre cet hôpital et le centre équestre de Tremblay-en-France. Une coopération fêtée ce vendredi avec une kermesse. Les chevaux et poneys à la retraite sont accueillis toute l’année dans le splendide parc de six hectares de cet hôpital. Qui a pour l’occasion construit deux enclos, bientôt quatre, des abris pour le foin, une clôture électrique et des abreuvoirs…

Une excuse pour sortir dans le parc

«Je ne suis jamais monté sur un cheval!», s’amuse Hélène de Tiesenhausen, la directrice de l’hôpital. Mais j’avais envie de lancer ce projet un peu fou de proposer des activités équestres pour les patients de cancérologie et soins palliatifs. J’ai pour obsession de réinventer l’hôpital. Alors offrir la possibilité à nos patients d’oublier leur souffrance, même un quart d’heure, c’est exceptionnel. Et je pense aussi au personnel soignant qui doit gérer 250 décès chaque année. Et aux familles, il n’est pas facile de venir voir un parent malade. Montrer qu’il y a de la vie dehors sera un encouragement à faire sortir les malades.» Quatre chevaux sont arrivés en début de semaine «et mercredi j’ai croisé des familles qui me disaient qu’ils servaient d’argument pour faire le tour du parc avec leur proche malade», confirme Simonne Froger, responsable des soins à Sainte-Marie.

De l’équithérapie avec précaution

Une façon d’aborder pas à pas l’équithérapie. Des écuyers viendront s’entraîner ponctuellement dans le parc de l’hôpital, offrant la possibilité pour les cavaliers de sortir du manège, pour les patients de profiter du spectacle. Mais au-delà du plaisir visuel, des enseignants du centre équestre viendront deux fois par mois proposer des activités équestres. Pas de galop tout le même. « Nous sommes loin pour le moment de monter les chevaux, reprend Simonne Froger. Mais ils pourront marcher à côté des chevaux, se promener sur une voiture attelée, brosser les animaux…» Sous la responsabilité de l’ergothérapeute, l’équipe médicale décidera quel patient pourra bénéficier de ces soins de support.

«De toute façon, il n’y aura pas de travail pour ces chevaux et poneys à la retraite», précise Xavier Bougeois, directeur du centre équestre. Emballé par ce projet, il n’en mesure pas moins les difficultés. «Le terme d’équithérapie peut prêter à confusion. Il ne faut pas qu’il y ait des attentes disproportionnées sur les compétences de soin», nuance ce directeur. Lui connaît bien le travail social lié aux chevaux. Depuis des décennies, son établissement accueille des enfants et adultes handicapés. «Les autistes peuvent avoir des comportements bruyants, des gestes effrayants pour des poneys. Certains équidés s’y habituent, d’autres non. Tous les chevaux ne peuvent pas gérer tous les publics. Chassons l’image du cheval poupée. Faire un baiser sur le bout du nez, c’est vendeur mais déconseillé. Tout est à inventer pour ce nouveau partenariat, mais avec précaution. Il faut que le patient, le soignant et le cheval soient en situation de confort.»

C'est quoi l'équithérapie?

Selon la Société française d'équithérapie, «l'équithérapie est un soin psychique médiatisé par le cheval et dispensé à une personne dans ses dimensions psychique et corporelle». L'équithérapie n'est pas une profession réglementée en France. Il n'existe donc pas de titre ou de formation d'équithérapeute.