Autopartage: A Paris, il y a Autolib... et de plus en plus d'offres privées

VOITURE Semaine mouvementée pour l’autopartage à Paris. L’américain Zipcar débarque et Wattmobile étend son offre. De quoi booster les solutions privées d’autopartage encore sous-développées à Paris...

Fabrice Pouliquen

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Après Zipcar qui inaugurait ce mardi son dispositif d'autopartage à Paris, ce sera au tour de Wattmobile d'annoncer jeudi son arrivée à la gare de l'Est.
Après Zipcar qui inaugurait ce mardi son dispositif d'autopartage à Paris, ce sera au tour de Wattmobile d'annoncer jeudi son arrivée à la gare de l'Est. — ISA HARSIN/SIPA

Zipcar mardi et Wattmobile jeudi. Cette semaine, l’offre d’autopartage reçoit un sérieux coup de fouet à Paris. L’américain Zipcar, qui revendique le statut de leader mondial de l’autopartage, ouvre son premier dispositif en France. Il mettra à disposition des Parisiens 100 véhicules, de l’utilitaire à la voiture citadine, répartis dans 60 stations en parking souterrain.

Quant à Wattmobile, il ne s’agit pas tout à fait d’un nouveau venu. La start-up aixoise, dans laquelle SNCF Développement a injecté 100.000 euros en mars, constitue un réseau de stations de location de véhicules électriques dans les gares de France. «A Paris, nous avons ouvert à gare de Lyon en juin dernier. Cette fois-ci, c’est gare de l’Est», explique David Lainé, le fondateur, qui veut couvrir au plus vite toutes les gares parisiennes.

De l’autopartage en boucle

Ces deux implantations complètent une offre privée parallèle aux fameuses Autolib. Il y avait principalement jusque-là Mobizen, mais aussi Connect by Hertz ou encore Keylib pour ne citer qu’eux. Chacune de ces offres a ses particularités, mais les points communs sont aussi multiples. A Paris, toutes ont notamment leur station en parking souterrain. Toutes fonctionnent également sur le principe de la boucle: le véhicule loué permet de plus longs déplacements qu'Autolib, mais doit être ramené à sa station de départ.

C’est sur la flexibilité que ces entreprises se distinguent alors des loueurs classiques. Le véhicule peut être réservé longtemps à l’avance comme au dernier moment. Il n’y a pas de papiers à remplir. La réservation se fait le plus souvent par Internet ou via une application mobile et l’utilisateur déverrouille le véhicule avec sa carte d’abonné.

Paris doublée par Londres

Si l’offre se multiplie à Paris, c’est qu’elle est encore sous-développée. En 2007, le cabinet d’études 6t chiffrait à 160.000 le nombre de clients parisiens potentiels à des services d’autopartage. «On y est loin, observe Nicolas Louvet, directeur de 6T. En additionnant Autolib et autopartage en boucle, on avoisine les 55.000 abonnés dont 50.000 rien que pour l’Autolib. Pourtant, Paris était précurseur sur ce créneau, mais s’est fait doubler par Londres et ses 160.000 abonnés à l’autopartage.»

L’arrivée de Zipcar et le développement de Wattmobile pourraient permettre à Paris de combler son retard. Il faudra aussi sortir ces entreprises privées des parkings souterrains où elles sont confinées. Pas facile d’y faire sa publicité. «Beaucoup demandent dès lors à obtenir des stationnements réservés sur la voirie», confirme Alexandre Fremiot, chef de l’Agence de la mobilité à la ville de Paris. A commencer par Zipcar, qui entend étoffer très vite son réseau de stations. «L’ambition est de mettre les Parisiens à moins de cinq minutes d’un de nos véhicules», lance Etienne Hermite, directeur général de Zipcar France.

Bientôt 200 places réservées

Mais la place est chère le long des trottoirs. «Les places de stationnement sont passées de 200.000 au début des années 2000 à 150.000 aujourd’hui pour faire place aux vélib et aux autolibs», explique Alexandre Fremiot. La ville envisage toutefois d’accorder 200 places, courant 2015, à ces opérateurs privés d’autopartage. De quoi sûrement faire grogner les automobilistes. «Mais toute solution luttant contre l’encombrement du centre-ville et la pollution est bonne à prendre, défend Jean-Louis Missika, l’adjoint au maire en charge de l’urbanisme. Ce qu’il faut, c’est que l’autopartage devienne la norme à Paris.»