VIDEO. Roissy Charles-de-Gaulle achète un A320 pour des exercices de sécurité

AEROPORT Aéroport de Paris vient de faire l'acquisition d'un A320. Mais celui-ci sera cloué au sol et servira aux services de sécurité du site à s’entraîner quotidiennement…

Fabrice Pouliquen

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L'A320, cloué au sol à deux pas des pistes, sera le théâtre d'exercices de sécurité quotidien.
L'A320, cloué au sol à deux pas des pistes, sera le théâtre d'exercices de sécurité quotidien. — Fabrice Pouliquen / 20 Minutes

Un A320 sur le tarmac de l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle (Paris CDG). A priori rien de plus normal. Sauf que celui-ci est vissé au sol et n'affiche aucun logo commercial sur sa carlingue. Surtout, l'appareil n'est pas la propriété d'une compagnie aérienne, mais de l'aéroport lui-même.

Paradoxalement, «la chose n'est pas aisée, quand on est un aéroport, d'acheter un avion, admet Régis Lacote, directeur des aires aéronautiques du premier aéroport francilien. C'est un autre monde. On a lancé de nombreuses pistes, certaines n'ont pas été loin d'aboutir, mais à chaque fois, il y avait une embûche qui faisait capoter l'affaire. »

S’entraîner dans les conditions du réel

Mais pas question d'abandonner. «Cet avion, on le voulait depuis longtemps», raconte Franck Goldnadel, le directeur général délégué de Paris CDG. Enfin, pas tant la direction que les 126 pompiers du site désireux d'avoir un vrai appareil pour s’entraîner.

«Bien sûr, nous n'avons pas attendu cet A320 pour s'exercer dans des conditions proches du réel, raconte Vincent Robert, responsable du Service de sauvetage et de lutte contre l'incendie des aéronefs (SSLIA) à Paris CDG. Nous avions notamment des accords avec Air France pour avoir des stages de formation sur leur avion. Mais il nous fallait un appareil à notre entière disposition, qu'on pourrait utiliser comme bon nous semble, de jour comme de nuit.» Tout comme l’a déjà Orly depuis le milieu des années 2000.

Un A320 voué à être désossé

L'aéroport Charles-de-Gaulle a trouvé son bonheur chez Air France, en rachetant un avion promis à être désossé pour servir de pièces détachées à d'autres appareils. Un A320 en prime, «l'avion le plus présent sur notre tarmac, précise Régis Lacote. La moitié des appareils qui atterrissent ou décollent d'ici sont des A320.»

Montant de l'investissement? «On ne communique pas sur ce point», répond Régis Lacote, qui laisse toutefois entendre que l’investissement est loin d'être négligeable. «Mais il sera rentabilisé tous les jours, assure le directeur des aires aéronautiques. Les pompiers ne seront pas les seuls à s'entraîner. Les équipes de dégivrage [250 agents] et l'équipe municipale d'urgence [50 agents] s'en serviront également.»

Être sur le lieu d’intervention en moins de trois minutes

Les exercices ne manquent pas, de la simulation d'incendie au dégivrage de dernière minute, en passant par l'intervention à bord pour venir en aide à un passager victime d'un malaise... Tous à réaliser avec un même impératif: «Les premiers secours doivent arriver sur l'incident en moins de trois minutes», rappelle Vincent Robert. Chaque jour, les pompiers font entre 17 et 20 interventions, dont en moyenne deux sur des avions.