Saint-Mandé: Trois jeunes déférés après l’agression de Maghrébins

FAITS-DIVERS Pour deux des personnes déférées, le parquet de Créteil a retenu le chef d’accusation de «violences commises en réunion en raison de l'appartenance réelle ou supposée à une race, une ethnie ou une religion»…

20 Minutes avec AFP

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Toulouse, le 13 mai 2013. Voiture de Police.
Toulouse, le 13 mai 2013. Voiture de Police. — FRED SCHEIBER

Trois jeunes, dont au moins deux «de confession israélite», ont été déférés vendredi pour leur participation présumée à l'agression à caractère raciste de trois adolescents, dont deux Maghrébins, dimanche à Saint-Mandé (Val-de-Marne), a-t-on appris de source judiciaire.

Pour deux d'entre eux, mineurs, le parquet de Créteil a saisi le juge des enfants d'une requête pénale des chefs de «violences commises en réunion en raison de l'appartenance réelle ou supposée à une race, une ethnie ou une religion».

Il est reproché au troisième, un majeur déféré en vue d'une comparution par procès-verbal, sa «participation à un attroupement en vue de commettre des violences».

La police avait été appelée dimanche soir dans le centre-ville de Saint-Mandé, commune cossue à l'est de Paris, pour une rixe. Un groupe d'une trentaine de jeunes « de confession juive » avait fui à son arrivée, selon une source judiciaire. Trois adolescents, dont deux d'origine algérienne, s'étaient alors présentés à la police, expliquant avoir été agressés «sans raison».

Simple bagarre ou agression à caractères racistes?

Le lendemain des faits, la mère d'une des victimes avait réfuté le caractère raciste de l'agression. «Ce sont des histoires entre jeunes de 16 ou 17 ans. Ce serait ahurissant de faire remonter cette affaire à des conflits de communautés», avait-elle dit.

La Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) avait indiqué mercredi suivre «l'affaire de près» et se constituer partie civile «si la qualification raciste des faits est retenue par la justice».

Le Conseil représentatif des juifs de France (Crif) a jugé ces violences «inacceptables, d'autant plus si des propos racistes ont été tenus» et espéré qu'une «enquête puisse faire toute la lumière sur ces événements».

«Les propos insultants tenus par les agresseurs laisseraient croire qu'il s'agit là d'un acte à caractère raciste», a écrit pour sa part le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, en demandant lui aussi aux autorités de «faire la lumière sur cette affaire».