La frontière sociale, un cas d'écoles

CARTE SCOLAIRE Ces deux écoles de Boulogne-Billancourt se touchent. Mais dans les têtes, il y a un monde

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Ces deux écoles de Boulogne-Billancourt se touchent. Elles ont presque le même nom : Ferdinand-Buisson A et Ferdinand-Buisson B. Elles accueillent des enfants qui se côtoyaient en maternelle et continuent de déjeuner ensemble dans la même cantine. Physiquement, seules des toilettes séparent les cours de récré. Mais dans les têtes, il y a un monde. L'école Buisson A est surnommée « l'école du bas » et Buisson B « l'école du haut ». Pourtant, le dénivelé entre les deux bâtiments n'est pas criant. Autre surnom de « l'école du bas » : « l'école de la racaille ». Parce qu'elle est peuplée à 80 % d'élèves qui vivent dans des logements sociaux. Tandis que « l'école du haut » est peuplée à 80 % d'élèves occupant les immeubles Pouillon, à deux minutes à pied des premiers, mais bien plus huppés.Cela fait plus de vingt ans que cette caricature de carte scolaire perdure. « Et la ségrégation s'est accentuée », avance un parent d'élève de « l'école du bas ». La FCPE s'est mobilisée ces derniers mois pour séparer les âges plutôt que les milieux sociaux et l'inspection d'académie a suivi en penchant pour une plus grande mixité sociale. Après concertation, la mairie, qui se prononcera demain soir, voulait se diriger vers une solution intermédiaire en intervertissant environ 50 % de chacune des deux populations. Mais les parents rencontrés à la sortie de « l'école du haut » comptent faire pression pour l'empêcher. « Ça va créer des problèmes de sécurité », dit l'un. « Et un nivellement par le bas, estime une autre. Si c'est ça, on mettra nos enfants dans le privé. »

Michaël Hajdenberg