Commercial la semaine pour sauver sa ferme

©2006 20 minutes

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Attaché-case du lundi au vendredi et bottes en caoutchouc le week-end. Godefroy Potin, 28 ans, vit depuis deux ans entre son bureau à Bois-d'Arcy (78) et ses champs dans le parc naturel du Vexin (95). Producteur de colza, de maïs, de blé, d'orge, de pois et de betteraves, il doit mener de front une autre activité pour sauver la ferme familiale, jugée trop petite pour être rentable à elle seule. Ses 120 hectares de champ ne lui rapportent en effet que 10 000 € net chaque année.Aussi, c'est dans une entreprise de rénovation de terrains de sport et d'espaces verts qu'il s'est procuré son vrai gagne-pain. Il peut désormais faire tourner son exploitation à 75 % de son potentiel. « J'ai trouvé aujourd'hui un équilibre. J'aime le côté relationnel du commerce. Mais si la situation économique le permettait, je serais à plein temps dans mes champs », assure le jeune homme. Avec sa femme, infirmière, et son bébé de 7 mois, le jeune agriculteur est endetté, certes, mais a un avenir plutôt bien tracé. « Je me suis bien débrouillé par rapport à d'autres. Dans quinze ans, j'aurai remboursé mes emprunts. Ça devrait devenir plus facile, et je me consacrerai uniquement à la ferme », prévoit-il.Trésorier du syndicat des Jeunes agriculteurs d'Ile-de-France Ouest, Godefroy s'en sort surtout grâce au système d'entraide que lui et sa voisine ont mis en place. Il lui emprunte du matériel en échange de quelques heures de travail dans ses champs. Ce modèle a cependant ses limites. « Il faut parfois attendre que le tracteur soit libre pour l'utiliser. Or les moissons, elles, elles n'attendent pas. » Son exploitation perdrait environ 25 % de son rendement par an. Comme lui, nombreux sont les agriculteurs franciliens qui se sont diversifiés, voire complètement réorientés. Cer­tains doivent vendre du bois, faire du compost, ou produire de la bière pour arrondir leurs fins de mois.

W. M.