Quand la ville dévore ses paysans

AGRICULTURE Etre agriculteur aux portes de Paris n'est pas une profession en devenir. Bien au contraire... Pour preuve, l'activité agricole périurbaine dans la petite couronne, qui a été divisée par deux en douze ans, passant de trois cent vingt-neuf à moins de ...

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Etre agriculteur aux portes de Paris n'est pas une profession en devenir. Bien au contraire... Pour preuve, l'activité agricole périurbaine dans la petite couronne, qui a été divisée par deux en douze ans, passant de trois cent vingt-neuf à moins de deux cents exploitations agricoles aujourd'hui. La région a perdu depuis les années 1950 mille à deux mille hectares tous les ans. La nécessité de construire des logements prime sur des terres qui, à elles seules, pourraient nourrir les onze millions de Franciliens.Les plus touchés sont les maraîchers (- 70 % depuis 1988). Souvent situés au coeur des villes, ils subissent les pressions des promoteurs immobiliers en quête de terrains constructibles. « Ils prennent aussi de plein fouet le contrecoup de Run­gis. La hausse du prix de la main-d'oeuvre ne les a pas aidés », assure-t-on à la chambre d'agriculture d'Ile-de-France. Jean-Paul Huchon, président PS de la région, assure vouloir conserver ces terres : « Dans le schéma directeur de la région [Sdrif], voté il y a trois semaines, nous privilégions la construction de logements dans les zones déjà urbanisées pour ne pas empiéter sur les espaces ruraux. Cette décision a été accueillie plutôt favorablement par la profession. » Mais peut-être est-ce déjà trop tard pour certains...

William Molinié