«Il faut recoudre les liaisons Paris-banlieue»

INTERVIEW Olivier Le Boursicot. Architecte coordinateur de la couverture de la porte des Lilas. Agenge LLTR.

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Olivier Le Boursicot

Architecte coordinateur de la couverture de la porte des Lilas. Agenge LLTR.

Ce type de couverture a-t-il déjà été réalisé ailleurs ?

Il y a quelques exemples célèbres, comme à Lyon dans le tunnel sous Fourvière. C'était un programme de couverture d'autoroute très important, et en centre-ville de surcroît.

Quelles ont été les principales difficultés à la porte des Lilas ?

Le périphérique fait 35 m de large, avec un point porteur au centre. Et le jardin va peser lourd : 1,5 tonne de terre végétale par m2. Il nous fallait donc une structure robuste, tout en adaptant les nouvelles normes de sécurité, qui sont beaucoup plus strictes depuis la catastrophe du Mont-Blanc.

Quelle est la vocation principale de ces aménagements ?

Ils doivent créer du lien entre Paris et sa banlieue. Jusqu'alors, le périphérique était une tranchée dans la ville, infranchissable, surtout si vous êtes à pied. Il faut recoudre ces liaisons qui ont été coupées et fédérer les quartiers de part et d'autre. La grande esplanade que nous allons construire jouera ce rôle, avec de vrais et grands trottoirs pour les marcheurs. La rue Paul-Meurice va être élargie et aménagée en faveur des circulations « douces », par exemple.

Est-il envisageable de couvrir totalement le périphérique ?

L'idée de ceinture verte existe depuis que les fortifications sont tombées dans Paris, mais elle avait pris du plomb dans l'aile, au profit de la construction du périphérique. Là, nous tentons de revenir en arrière. Mais cela coûte très cher, c'est très long et les chantiers sont impressionnants.

Recueilli par M. G.