Dans les coulisses de l’atelier de maintenance d’Autolib’

REPORTAGE Alors que la flotte Autolib’ doit atteindre 3.000 véhicules dans 68 villes en Ile-de-France en décembre 2014, «20 Minutes» a visité l’atelier qui répare et nettoie toutes les Bluecar...

Oihana Gabriel

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L'atelier Autolib' dans le 18e répare et nettoie environ 50 Autolib' par jour.
L'atelier Autolib' dans le 18e répare et nettoie environ 50 Autolib' par jour. — ISA HARSIN/SIPA

Certaines attendent une nouvelle batterie, d’autres arborent un capot embouti. Dans l’unique atelier de maintenance d’Autolib’, au 1 boulevard Ney, dans le 18e arrondissement de Paris, les Bluecar franciliennes sont bichonnées et remises sur roues. Mais ne reposent pas longtemps. «Dans 80 % des cas, elles repartent le jour même», assure Eric Planchais, directeur de la flotte. Et heureusement. Car le site ne compte que 80 prises électriques. «On ne peut pas stocker, c’est pourquoi on a trois équipes qui tournent 19h sur 24h, explique Eric Planchais. Mais on peut monter en régime». Car la flotte en libre-service poursuit sa croissance. De 2.000 véhicules en décembre 2013, le groupe Bolloré s’est engagé à mettre en circulation 3.000 voitures fin 2014.

Les ambassadeurs nettoient et équilibrent les stations Autolib’

A l’entrée de l’atelier, une équipe expertise le sinistre. Dans le premier hall, les capots levés marquent les voitures prêtes à être réparées. Soit les mécaniciens, soit l’équipe électrique s’occupe des dommages. Et dans un troisième hall, les ambassadeurs Autolib’ nettoient et conduisent ensuite la voiture électrique jusqu’aux bornes adéquates. Plutôt au cœur de Paris le matin et à La Défense le soir.

Un quart de la flotte réparée chaque semaine

Si les automobiles électriques du groupe Bolloré doivent passer un contrôle chaque année, environ 50 sont auscultées, réparées et nettoyées chaque jour. «L’été, c’est plus calme, on en reçoit environ 45, mais dès la semaine prochaine, l’activité va s’accélérer», précise Frédéric Pageau, responsable de l’atelier. «Entre 600 et 800 véhicules sont réparés par semaine, avec 45 % dans cet atelier et le reste sur le terrain, renchérit Eric Planchais. Un quart de la flotte en circulation a donc besoin d’un dépannage. «Le chiffre peut paraître énorme mais ce sont souvent de légers dégâts: un pare-chocs déboîté, un rétroviseur arraché.»

Nouveaux métiers avec les voitures électriques

Dans ce garage, de nouveaux métiers se créent. «Le savoir-faire s’est affiné petit à petit, raconte Frédéric Pageau, directeur de l’atelier qui emploie désormais 30 personnes. On a recruté des salariés de l’automobile mais aussi venant de la mécanique, de l’industrie, des ascenseurs… Des écoles nous demandent comment se former à ces nouveaux métiers.»

Changer le tissu en skaï pour plus de propreté

Et les mécaniciens de cet atelier tentent d’améliorer ces voitures en autopartage. En proposant un bouton «pages jaunes» sur le GPS, en renforçant le capot… «On a fait une erreur de casting sur les sièges en choisissant du tissu pour les 1.000 premières. On s’est rendu compte qu’au niveau hygiène et propreté, mieux valait les recouvrir en skaï. Dès 2012 on a changé les sièges avant et on s’attaque maintenant aux banquettes arrière. Le skaï se nettoie plus facilement et c’est utile pour les débordements du samedi soir!», s’amuse Eric Planchais. Car la propreté reste une question essentielle. Et depuis la voiture électrique du groupe Bolloré a conquis Bordeaux et Lyon, le groupe observe que les Parisiens ont la palme de la saleté…

>> Retrouvez les internautes de 20 Minutes donnent leur avis sur Autolib'

En revanche, à la différence de Vélib’, le groupe assure que le vandalisme reste rare. «En tout, nous avons eu six stations vandalisées et quinze voitures incendiées, certifie Eric Planchais. Ce n’est rien comparé aux voitures personnelles abîmées. Surtout que les clients pourraient croire que c’est une voiture sans propriétaire!» Et côté sécurité? Le groupe se veut tout aussi rassurant. «On a vu une seule voiture finir sur le toit depuis décembre 2011, avance Frédéric Pageau. La batterie, qui pèse 300 kg, le stabilise.»