Davantage de kiosques, autant de malaise

PRESSE Le maire de Paris inaugurera aujourd'hui un kiosque à journaux rue de Turenne (4e). C'est la première ouverture sur un nouvel emplacement depuis quinze ans. Par ailleurs, depuis 2005, trente-deux points de vente de ce type ont été rouverts alors qu'i...

©2006 20 minutes

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Le maire de Paris inaugurera aujourd'hui un kiosque à journaux rue de Turenne (4e). C'est la première ouverture sur un nouvel emplacement depuis quinze ans. Par ailleurs, depuis 2005, trente-deux points de vente de ce type ont été rouverts alors qu'ils avaient fermé au cours des années précédentes.Les kiosquiers restent pourtant sceptiques. Place Clichy, Marcel, qui travaille un jour sur deux, se plaint des « un peu plus de 1 500 € par mois » qu'il gagne pour des journées qui commencent à 6 h 30 et s'achèvent à 21 h Dans le 6e arrondissement, un de ses collègues raconte « le froid l'hiver, le chaud l'été, l'absence de pause, l'obligation de pisser dans une bouteille, les renseignements qu'il faut donner, les 1,30 € gagnés pour mettre cent suppléments dans un quotidien, la commission de seulement 18 % sur la vente de journaux ». Un autre approuve : « On nous abreuve de journaux qu'on ne vend jamais et qu'on ne peut pas refuser. »Depuis 2005, l'Administration d'affichage et de publicité (AAP), délégataire de services publics, a toutefois été chargée par la Ville de rouvrir cinquante kiosques sur cinq ans et d'en créer cinquante autres. Pour les nouveaux venus, une allocation de réouverture de 2 000 € est allouée, ainsi qu'une allocation de soutien pendant deux ans, qui peut atteindre 6 000 €. Un plafonnement a aussi été mis en place depuis janvier pour qu'un éditeur ne puisse envoyer des dizaines d'exemplaires d'une revue que le kiosquier ne vend jamais. Cela aurait engendré une baisse de 8 % des journaux fournis. Insuffisant selon les kiosquiers, qui ont lancé un appel à la grève pour le 23 avril, lendemain de l'élection présidentielle.

Michaël Hajdenberg