Les Noirs face à l'urgence du sida

SANTE «On peut estimer qu'une découverte de séropositivité sur deux concerne une personne noire aujourd'hui en France», lance Louis-Georges Tin, président d'An Nou Alle, association qui lutte à la fois contre l'homophobie et le racisme. Face à cette « ur...

©2006 20 minutes

— 

Les Noirs de France se comptent, ils seraient 1,865 millions âgés de plus de 18 ans selon une étude TNS Sofres, la première du genre et entendent peser dans la campagne présidentielle pour lutter contre les discriminations dont ils s'estiment victimes.
Les Noirs de France se comptent, ils seraient 1,865 millions âgés de plus de 18 ans selon une étude TNS Sofres, la première du genre et entendent peser dans la campagne présidentielle pour lutter contre les discriminations dont ils s'estiment victimes. — AFP

« On peut estimer qu'une découverte de séropositivité sur deux concerne une personne noire aujourd'hui en France », lance Louis-Georges Tin, président d'An Nou Alle, association qui lutte à la fois contre l'homophobie et le racisme. Face à cette « urgence », les associations noires de France réunies au sein du Cran (Conseil représentatif des associations noires de France) ont écrit aux candidats à l'élection présidentielle pour demander des « engagements clairs, concrets et chiffrés » sur la lutte contre le sida chez les Noirs. Pour l'instant, seule Marie-George Buffet (PCF) a accusé réception. « Ignorer les particularismes, c'est ne pas traiter les problèmes », ajoute Louis-George Tin.L'observatoire régional de la santé (ORS) note dans son dernier bulletin que l'Ile-de-France est de loin la région la plus touchée par le sida. Sur les 319 cas diagnostiqués en 2004 dans la région, 215 concernaient des Africains. « Les séropositifs qui développent le sida sont soit en échec thérapeutique, soit n'ont pas eu accès au dépistage. Certains Africains arrivent aux urgences à la suite d'une crise et découvrent alors qu'ils sont séropositifs depuis des années. C'est sur eux que la prévention doit se concentrer », détaille Sandrine Halfen, démographe à l'ORS. La situation est particulièrement criante en Seine-Saint-Denis, où 76,4 % des nouveaux cas de sida enregistrés entre 2003 et 2005 concernaient des personnes de nationalité étrangère, originaires presque exclusivement d'Afrique subsaharienne (Côte d'Ivoire, Cameroun et Mali en tête).

S. C.