Pêche à la ligne: Le street-fishing, une petite partie de campagne à Paris

SPORT Pêcher à Paris! L’idée peut paraître incongrue, pourtant ils sont près de 500 à s’adonner aujourd’hui à cette pêche urbaine au canal Saint-Martin ou en bord de Seine...

Fabrice Pouliquen

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Ils étaient quatre ce mercredi midi à pêcher le long du canal Saint-Martin. Juste le temps de la pause midi. Une autre façon de vivre Paris.
Ils étaient quatre ce mercredi midi à pêcher le long du canal Saint-Martin. Juste le temps de la pause midi. Une autre façon de vivre Paris. — Fabrice Pouliquen/20Minutes

En cette fin août, c’est la discipline parfaite pour une rentrée en douceur, un pied au travail, l’autre encore en vacances. Il n’y a pas grand-chose à faire: juste acheter une canne, une moulinette et quelques leurres et vous voilà prêt pour une séance de street-fishing. «Les plus dégourdis s’en sortiront pour moins de 100 euros, raconte Olivier, street-fisher rencontré ce jeudi aux abords du canal Saint-Martin.

Des passionnés qui ne pouvaient pas attendre le week-end

Ils seraient aujourd’hui près de 500 à s’adonner à cette pêche de rue à Paris. «Cela a commencé au début des années 2000, se rappelle Fred Miessner, fondateur avec David Merry de French Touch Fishing qui fabrique et distribue du matériel de pêche à Paris. C’est parti d’un petit groupe de passionnés qui ne pouvaient pas attendre le week-end pour pêcher en campagne.»

Depuis, le street-fishing est devenu une discipline à part entière qui cultive ses particularités. «Le matériel déjà, raconte Fred Miessner. Il est plus léger en street-fishing, le but étant d’attraper le poisson le plus vite possible. La partie ne dure souvent que le temps de la pause midi et il faut aussi pouvoir transporter le matériel dans le métro.»

Pas assis sur la glacière

Ne comptez pas non plus rester assis sur la glacière, les boissons au frais, à vous prélasser en espérant qu’un poisson morde à l’hameçon. «Le street-fishing est une pêche active, décrit David Merry. On se déplace de spot en spot et on est toujours en train d’agiter les leurres.» Toujours pour la même raison: le street-fisher parisien n’a pas toute la journée devant lui.

Dernière caractéristique de la pêche de rue? Le «no kill». Le street-fishing ne retien que la beauté du geste. «Les poissons sont systématiquement remis à l’eau ensuite, ils sont de toute façon impropres à la consommation», reprend Fred Miessner.

S’ils ne se mangent pas, ils sont toutefois plein de vitalité et Paris pullule de coins poissonneux. A commencer par le canal Saint-Martin. «Juste au-dessus de République, c’est le spot parfait pour débuter, poursuit Fred Miessner. Vous y trouverez plein de perches et vous êtes quasi sûr de rencontrer des street-fishers qui pourront vous donner leurs tuyaux.»

Les belles prises? Les silures et les black-bass

Ceux en quête de plus grosses prises iront plus en bord de Seine. «Quelque que soit l’endroit, c’est le paradis, raconte David Merry. Il y a des perches, des sandres, des chevesnes et surtout des silures. Ces derniers font jusqu’à deux mètres de long pour 100 kg et s’ils mordent facilement à l’hameçon, ils ne se laissent pas facilement remonter à la surface.»

Tout comme le black-bass, un petit nerveux «qui se débat comme un beau diable une fois qu’il a mordu l’hameçon», explique David Merry. Vous aurez plus de chances d’en trouver dans les étangs du bois de Boulogne. «Mais il y a plein d’autres bons spots et plein d’autres à trouver encore», lance Fred Miessner. Il n’y a qu’un seul coin interdit à la pêche à Paris: le bassin de l’Arsenal. Pour le reste, il faut juste se soumettre à quelques réglementations comme partout ailleurs: «il faut avoir une carte de pêche, respecter les périodes d’ouvertures et savoir que dans certains parcs, comme le parc des Buttes Chaumont, seule la pêche à la mouche est autorisée, précise-t-on à la French Touch Fishing.