Cadenas d'amour: Des stickers pour réveiller le civisme des touristes

PATRIMOINE Des selfies plutôt que des cadenas d’amour! Ce mercredi, 23 autocollants ont été posés sur le pont des Arts et celui de l’Archevêché pour faire passer le message…

Fabrice Pouliquen

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Vingt-trois de ces stickers sont désormais collés à même le sol aujourd’hui répartis entre le pont de l’Archevêché et le pont des Arts, quelques mètres plus loin. En version française, anglaise et espagnole.
Vingt-trois de ces stickers sont désormais collés à même le sol aujourd’hui répartis entre le pont de l’Archevêché et le pont des Arts, quelques mètres plus loin. En version française, anglaise et espagnole. — Fabrice Pouliquen / 20 Minutes

«Nos ponts ne peuvent pas supporter plus longtemps vos gestes d’amour», est-il écrit en blanc dans un cœur rouge. Ce mercredi midi, la ville de Paris a posé un premier autocollant contre les cadenas d’amour collé à même le sol sur le pont de l’Archevêché (4e arrondissement).

23 stickers à même le sol

Vingt-trois de ces stickers sont désormais collés, répartis entre le pont de l’Archevêché et celui des Arts. Ils existent en version française, anglaise et espagnole. C’est le premier signe d’agacement de la mairie de Paris à l’encontre de cette lubie qu’ont les amoureux, depuis 2008, d’accrocher des cadenas aux garde-corps des ponts en signe d’amour éternel. Une dizaine de ponts en sont totalement ou partiellement couverts aujourd’hui et la mode gagne d’autres monuments parisiens dont la tour Eiffel. «Ces cadenas font peser une moyenne de 450 kilos sur chaque rambarde, menaçant de les faire tomber, explique Vanessa Panetto, responsable communication de la ville de Paris. Un danger autant pour les piétons sur le pont que pour les péniches passant en dessous.»

Miser sur le civisme des touristes

Ce premier collage, sur le pont de l’Archevêché, a été immortalisé par de nombreux photographes, le sujet plaisant beaucoup à la presse internationale. Mais, c’est toute l’irone, en toile de fond, quelques touristes cherchaient désespérément une place sur le garde-corps où accrocher leurs cadenas d’amours.

Car cette première mesure est juste incitative. Le cadenas d’amour n’est toujours pas interdit à Paris. «Nous misons d’abord sur le civisme des touristes», glisse Vanessa Panetto. Depuis lundi, la mairie cherche même à imposer le selfie comme une alternative aux cadenas d’amour. Un site a ainsi été lancé pour valoriser ces photos d’amoureux. «Il suffit de poster son selfie avec le hashtag #lovewithoutlocks sur Twitter et Instagram pour qu’ils apparaissent ensuite sur le site Internet», précise Julie Chanal, chef de projet digital à la mairie de Paris.

«Ca ne marchera pas»

Une stratégie qui n’aura aucun effet sur Nida et Noémie, deux touristes de 19 ans venues d’Amsterdam. «Tous les amoureux accrochent des cadenas d’amour sur les ponts. Cela a du sens pour nous, alors oui, on mettra le nôtre également.» «Paris est même devenu connu pour ça, ajoutent Ashlee et Cléa, respectivement de Toronto et Seattle. Et puis, franchement, le hashtag #lovewithoutlocks est assez ridicule, il y a peu de chance que l’initiative marche.»

Lisa Anselmo aussi fait la moue. Cette Américaine, vivant à Paris une bonne partie de l’année, était l’une des premières à partir en guerre contre les cadenas d’amour avec sa compatriote Lisa Taylor-Huff. «Ce qui est bien, c’est que la mairie réagit enfin, lance Lisa Anselmo. Mais je ne pense pas qu’il y ait de mesures plus efficaces que celle d’interdire tout simplement les cadenas d’amour. J’attends avec impatience ce jour.»

L’interdiction envisagée en guise de plan B

Une telle mesure n’est pas inenvisageable à écouter Vanessa Panetto: «Nous testons une première approche plus conciliante, mais si ça ne marche pas, l’interdiction pourrait être la solution.» En attendant, la ville fait tout pour que la mode des selfies amoureux prenne. «Lovewithoutlocks compte déjà près de 300 selfies, annonce Julie Chanal. Il y a aussi un jeu-concours lancé toute cette semaine et qui consistera à sélectionner les meilleurs selfies de la semaine.» A gagner? La possibilité d’apparaître sur le site www.paris.fr...