Faut-il avoir peur des moustiques dans le métro?

PARIS Ils sont de retour dans les rames et sur les quais, et ils veulent votre sang…

Audrey Chauvet

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Un moustique Culex pipiens.
Un moustique Culex pipiens. — Gabe Hamer/AP/SIPA

Psychose dans le métro: ils sont là, autour de nous, et ils nous en veulent. Plus précisément, ils veulent de notre sang. Chaque été, les Culex pipiens repartent à l’attaque et cette année ils sont sanguinaires: plusieurs Parisiens témoignent de plusieurs piqûres bien rouges et urticantes apparues peu après leur sortie du métro.

Des piqûres dans ce genre-là (sur le dos, photo prise le 5 août 2014):

Faut-il éviter de traîner dans les rames du métro, mettre une doudoune et une cagoule par 30°C, se balader avec une tapette? Pas de panique, tout ceci est bénin, assurent les spécialistes. «Les moustiques du métro sont de l’espèce Culex pipiens, le moustique commun que l’on trouve partout en France métropolitaine, explique Yvon Perrin, entomologiste médical au Centre national d’expertise sur les vecteurs (CNEV). C’est une espèce qui peut transmettre certains virus comme le West nile mais ce virus circule entre les oiseaux et les moustiques. Il faudrait donc que le moustique ait piqué un oiseau contaminé avant de piquer un homme, ce qui n’est pas impossible mais très peu probable dans le métro.» Les moustiques peuvent aussi transmettre le virus de la fièvre de la vallée du Rift, mais il faudrait pour cela qu’un malade soit dans le métro, ce qui semble difficile à Yvon Perrin, vu l’affaiblissement que cette maladie provoque.

>> Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les moustiques…

En résumé, un moustique Culex pipiens ne peut transmettre qu’un nombre très réduit de maladies et surtout, il n’est pas un vecteur du chikungunya: seul son redoutable cousin le moustique-tigre a cette capacité. «Nous n’avons pas à Paris les espèces de moustiques qui sont capables de transmettre les virus de la dengue ou du chikungunya, assure Anna-Bella Failloux, entomologiste spécialiste des transmissions vectorielles et chercheuse à l’Institut Pasteur. Sans Aedes albopictus, le moustique tigre d’Asie, il ne peut y avoir de transmission et donc de cas chez l’homme.»

Le moustique-tigre aux portes de Paris?

Reste à savoir combien de temps le moustique-tigre se tiendra loin de la capitale: «Disons… quelques années!» annonce prudemment Stéphane Robert, fondateur du site vigilance-moustiques.com. «Il remonte progressivement des régions du sud de la France par les grands axes de transports, avec les containers, camions et voitures.» Tous les vacanciers qui remonteront bientôt du sud en voiture seront potentiellement des importateurs de moustiques-tigres en Ile-de-France.

Avant d’en arriver au scénario catastrophe du moustique embarqué avec les tongs et le parasol, la seule chose à redouter de nos Culex pipiens est une réaction allergique à leur piqûre. «On peut se protéger en s’appliquant des produits sur la peau pour faire fuir les moustiques (les répellents) ou mettre des vêtements amples qui protègent les bras et les jambes», recommande Anna-Bella Failloux. La seule victime des moustiques du métro risque d’être votre look.