Paris: Pourquoi la facture du chantier des Halles s’envole

URBANISME Le coût de la transformation du quartier des Halles dépasserait désormais le milliard d’euros…

Mathieu Gruel

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Le chantier des Halles, le 11 juin 2014.
Le chantier des Halles, le 11 juin 2014. — JULIEN DE FONTENAY/JDD/SIPA

Une facture à la mesure du chantier: énorme. Le coût de la rénovation des Halles, à Paris (1er), devrait en effet dépasser le milliard d’euros taxes comprises, soit un surcoût de 14,4%, selon une information du Parisien publiée ce lundi.

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Alors que le Conseil de Paris avait voté, en novembre 2010, une enveloppe de 802 millions d’euros HT pour la transformation des Halles, la facture du chantier s’alourdit donc sensiblement. Avec des hausses spectaculaires, selon un document consulté par Le Parisien, qui concernent la mise aux normes des voiries souterraines, en augmentation de 69%, du jardin, qui grimpe de 48%, ou de la Canopée (le toit en verre de l’édifice), qui bondit de 35%.

Un surcoût que semble assumer l’adjoint (apparenté PS) chargé de l’urbanisme, Jean-Louis Missika, qui se base sur un montant hors taxe évaluée à 918 millions, expliquant dans Le Parisien que la Ville va récupérer la TVA.

Une part d’impondérables

Pour Jean-Michel Daquin, Président de l’Ordre des architectes d’Ile-de-France, contacté par 20 Minutes, si un tel dépassement «n’est pas excusable», il peut toutefois s’expliquer. Notamment par «la complexité du projet, réalisé sur un site urbain, dense, occupé par des commerces». Et aussi par «les impondérables, liés à la nature du sol ou à des changements de programme en cours de route, très fréquents dans ce type de chantier».

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Ce genre de surcoût ne peut donc pas être réduit «aux seules lubies des architectes», sourit Jean-Michel Daquin. Lui, rappelle d’ailleurs que «90 à 95% des programmes rentrent habituellement dans le cadre des budgets». Et si des clauses de pénalités peuvent être incluses dans les contrats de maîtrise d’œuvre, en cas de surcoût, il est souvent difficile d’en établir la responsabilité. «Dans ce genre de projet, où la chaîne d’action est assez complexe, elle est souvent collective», précise le président de l’Ordre des architectes.

Deniers publics

Face aux attaques de Jean-François Legaret, maire du 1er arrondissement (UMP), qui avait dénoncé le 9 juillet des «dérapages à tous les étages», ironisant sur un chantier dont l’achèvement initialement prévu en 2016 a été repoussé à 2018, Jean-Louis Missika avait lui aussi insisté sur la «complexité» des travaux, qui se sont déroulés «en site occupé», sur «sept niveaux de plancher dont cinq souterrains».

Dans ces conditions, si ce surcoût de 14% «pourrait être jugé élevé pour des programmes de construction courants, avec des retours d’expérience comme pour une école», explique Jean-Michel Daquin, il pourrait s’expliquer pour ce type de chantier «prototype». Même si «ce n’est jamais acceptable lorsqu’il s’agit de deniers publics».