Manifestation des VTC à Paris: «Notre métier est en péril»

INTERVIEW Eric Cassin, de la compagnie AlloCab, détaille à «20 Minutes» les raisons de la mobilisation des véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC), ce lundi…

Mathieu Gruel

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Illustration de véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC), à Paris le 24 avril 2014.
Illustration de véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC), à Paris le 24 avril 2014. — PIERRE ANDRIEU / AFP

Après les taxis, c’est au tour des VTC de montrer leur mécontentement. Les sociétés Snapcar, Chauffeurs-privé, Le Cab, Supershuttle et Allocab, regroupés au sein de la Fédération française du transport de personne sur réservation (FFTPR), manifestent ce lundi, place Vauban à Paris (7e). Éric Cassin, directeur France du déploiement de la société Allocab, a expliqué à 20 Minutes les raisons de cette mobilisation.

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Quel est le but de cette mobilisation?

On veut simplement essayer de défendre nos droits en étant vus et entendus. C’est pourquoi nous organisons cette opération éclaire, qui devrait durer au moins une heure, place Vauban (7e). L’idée n’est pas de bloquer Paris, mais bien de montrer que l’amendement 116 de la proposition de loi inspirée du rapport Thévenoud (voté à l’Assemblée nationale le 10 juillet, sans consultation préalable avec les VTC et discuté au Sénat cette semaine - ndlr) est une idiotie.

Qu’est ce qui pose problème dans cet amendement 116?

Notamment le fait qu’il crée un problème écologique, en nous obligeant entre deux courses à effectuer un retour au garage, ou à rentrer au siège de l’entreprise. Cela impliquera de nombreux allers-retours, alors que nous disposons d’une technologie qui nous permet justement de faire le plus de courses possible et d’éviter ces nombreux voyages inutiles. Au final, ce sera coûteux en gazole et donc forcément polluant.

Croyez-vous pouvoir être entendus?

On l’espère. On va voir ce que dit le Sénat, mais il est inconcevable que cet amendement passe. Si l’on se base sur la croissance actuelle, on estime que 30.000 nouveaux emplois pourraient être créés d’ici 5 ans dans notre branche. Or si ce texte passe en l’état, il y a donc un risque que cette dynamique soit cassée. Cela reviendrait à dire aux 7.000 chauffeurs qui exercent cette profession de faire autre chose. C’est un peu impertinent et cela met notre métier en péril.

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Les manifestations de taxi, le rapport Thévenoud… Y a-t-il eu un impact sur votre développement?

C’est difficile à dire, mais nous n’avons pas senti de baisse et nous continuons même à être victimes de notre succès. Actuellement, notre activité progresse de 20 % chaque mois, tant en termes de fréquentation que de chiffre d’affaires. Ce que l’on constate, c’est que les usagers veulent continuer à pouvoir utiliser notre service.

Et si jamais cet amendement 116 était accepté?

Ce premier rassemblement vise à nous faire entendre et, bien sûr, à laisser la possibilité au Sénat d’avancer dans notre sens. Nous voulons tout simplement le retrait de cet amendement. Mais si ce n’est pas le cas, nous réfléchirons à d’autres actions, peut-être un peu plus gênantes pour les Parisiens.