A Paris, nager en piscine est de plus en plus compliqué

SPORT Manque d'équipements, fermetures estivales... Les Parisiens peinent à accéder aux bassins des piscines municipales…

Oihana Gabriel

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Paris le 04 mars 2013. Illustration des bains douches de Paris. Facade. Piscine bains douches des amiraux.
Paris le 04 mars 2013. Illustration des bains douches de Paris. Facade. Piscine bains douches des amiraux. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Barboter, apprendre le crawl ou s’essayer à la plongée devient sportif pour les Parisiens. Premier obstacle: trouver une piscine ouverte. Une gageure alors que la moitié des bassins parisiens restent portes closes le dimanche depuis presque un semestre, en raison d’une grève lancée par certains agents des équipements municipaux qui demandent une prime afin de revaloriser le travail dominical.

Trouver ensuite le bon créneau entre les fermetures pour travaux et horaires réservés aux scolaires. Une fois jeté à l’eau, reste à slalomer entre les nageurs confirmés, mamies qui discutent et enfants qui pataugent. Car la baignade est un plaisir convoité, surtout à Paris. «L’Ile-de-France est la troisième région la moins bien équipée en piscines de France alors qu’il y a une très forte demande», atteste Thierry Mandoul, architecte et co-commissaire de l’exposition Sports, Portrait d’une métropole au Pavillon de l’Arsenal. En effet, selon une étude de l’Institut régional du développement du sport, sur les 23.109 équipements sportifs publics franciliens, seul 3% permettent la natation. Et la région possède 0,5 bassin pour 10.000 habitants, soit deux fois moins que la moyenne nationale.

Un sport qui séduit des bébés nageurs aux adeptes de l’aquagym

Une pénurie qui peut expliquer l’importante fréquentation des bassins parisiens. Mais ces équipements ont aussi pour particularité de s’adresser à tous les âges, du bébé nageur aux séniors. Et de proposer divers usages: aquagym, aquabiking, apprentissage de la nage, compétitions, trempette ou encore plongée. «Il y a un besoin dans toutes les métropoles d’un contact avec l’eau, même si elle est chlorée, reprend Thierry Mandoul. Or Paris est la ville la plus dense d’Europe. Et la piscine reste l’équipement le plus cher, à faire sortir de terre, mais aussi à entretenir. Malgré la construction constante de piscines, on ne peut pas dire que la capitale soit en avance. Et Paris fait des efforts pour que toutes les écoles aient accès à des bassins.»

Une priorité aux scolaires qui explique que les travaux et vidanges se déroulent en juillet et août, période où les Parisiens rêvent parfois d’un plongeon en eau fraîche. Sur les 39 piscines municipales, 19 sont donc fermées quelques jours cet été. Mais en compensation, certains bassins étendent leurs horaires du 7 juillet au 31 août: pour les plus matinaux, douze piscines seront ouvertes du mardi au samedi dès 7h. Et dix bassins fermeront à 20h du lundi au samedi.

Autre difficulté: les équipements nautiques, souvent construits au début du XXe siècle ont besoin d’être adaptés aux normes d’hygiène, aux exigences pour en faire des infrastructures Haute Qualité Environnementale (HQE) mais aussi pour se rendre accessibles aux personnes handicapées. Des innovations tentent de promouvoir écologie et économies: le centre aquatique de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) et la piscine Aspirant Dunand, dans le 14e arrondissement de Paris, chauffent ainsi leurs bassins grâce aux eaux usées des égouts.

Quatre nouvelles piscines prévues à Paris

Que les nageurs frustrés se rassurent: la Mairie de Paris envisage de doter la capitale de quatre nouvelles piscines, dans le 14e, 15e, 17e et 20e. Et dans son programme, Anne Hidalgo a promis de nouveaux bassins sur la Seine. A la Villette (19e), une barge permettra aux adultes et aux enfants de barboter au soleil. Et une autre piscine, près du parc André-Citroën (15e), proposera trois bassins, un pour les adultes, un second pour les enfants et un troisième avec plongeoir.

Des projets dans la continuité de la piscine Joséphine Baker (13e) qui a ouvert en 2006 sur la Seine. «Cela renvoie à une longue tradition de baignade dans la Seine de la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 1980 et de la fermeture de la célèbre piscine flottante Deligny en face du musée d’Orsay, souligne Thierry Mandoul. C’est une façon intéressante de répondre à la difficulté de réaliser ces équipements sportifs, mais aussi de mettre en relation le bain et le fleuve, élément naturel.

>> Retrouvez la liste des piscines fermées cet été