La Défense: Le mobilier urbain se réinvente pour «humaniser» le quartier

URBANISME Huit nouveaux mobiliers urbains sont testés in-situ pendant un an, dans le cadre de la biennale Forme publique à la Défense…

Raphaël Couderc

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La prairie, un des nouveaux mobiliers urbains de la Défense depuis le 19 juin 2014
La prairie, un des nouveaux mobiliers urbains de la Défense depuis le 19 juin 2014 — Defacto

«C’est génial, le sport ça se pratique en plein air, personne n’aime s’enfermer dans une salle quand il fait beau». Entre deux séries de tractions, Abdel, un habitant du quartier de la Défense (Hauts-de-Seine), profite d’un des nouveaux éléments de mobilier urbain installés dans les allées du quartier d’affaire. Au nombre de huit, ces installations sont à essayer depuis le 19 juin et pendant un an, entre le bassin Takis et la grande arche, dans le cadre de la biennale «Forme Publique».

De l’art contemporain utile

Des bancs publics qui se transforment en transat, des «cravates» de deux mètres de haut sur lesquelles les salariés se détendent pendant leur pause, ou encore des barres parallèles -idéales pour une petite séance de gym- installées entre deux buildings… Ces nouveaux mobiliers au look d’œuvres d’art contemporaines, joignent l’utile à l’agréable.

«Bonjour», un agrès pour s’étirer ou faire du sport


«L’établi» un ensemble d’accessoires de confort multi-fonctions

En témoigne particulièrement «la prairie», une forêt de piquets de slalom orange fluo, dont l’objectif n’est pas clairement défini. «C’est aux gens de libérer leur imagination, on verra si ça plaît», estime Thomas Ledoux, responsable communication chez Defacto, l’organisme public à l’origine de cette biennale.

Ces nouveaux mobiliers urbains, conçus pour la plupart par de jeunes architectes et designers, ont été choisis par un jury parmi plus de 150 projets, selon des thématiques précises. Car cette biennale vise à réaménager l’espace public pour améliorer le quotidien des personnes qui habitent ou travaillent dans ce quartier, qui souffre souvent d’une image un peu froide.


«Echelle urbaine», une invitation pour les salariés à se détendre en bas des tours

Et pour y parvenir, la meilleure façon selon Thomas Ledoux, c’est de passer par «le dialogue et l’usage». Ainsi, pendant un an, les meubles restent à l’essai, avant la réalisation d’enquêtes de satisfaction. Celles-ci permettront ensuite de savoir lesquels de ces mobiliers, ayant reçu le plus d’avis favorable, pourront rester en place. «C’est tout l’objet de la biennale, précise Thomas Ledoux, parfois ça fonctionne auprès des gens, parfois non».

Des thématiques adaptées au quartier

D’autre part, «les usages de l’espace urbain de la Défense ne sont pas les mêmes qu’ailleurs. Il est donc nécessaire de s’adapter à l’utilisation faite par la population.» Ici, entre les travailleurs qui prennent leur pause en journée et les pratiques sportives des habitants du quartier, les thèmes du playground, du sport, de la transition et de la (dé) connexion ont donc été privilégiés.


«Slides», une aire de jeu pour petits et grands à la fois skate-park, toboggan et table de pique-nique

Du coté des passants, on est déjà conquis: «Ça amène de la couleur, c’est ludique, ça donne envie de jouer», lance Muriel, une salariée du quartier qui en termine avec un petit parcours dans «la prairie». «Ça fait longtemps que je travaille à la défense et le quartier n’a jamais été aussi agréable», indique Eric, son collègue. Pour lui pas de doute: «C’est humanisant».

 

Lancé le 19 juin 2014, la 2ème édition de la biennale «Forme Publique» a récompensé huit projets parmi plus de 150 candidatures. Les lauréats ont été désignés par un jury de professionnels reconnus tels que Matali Crasset et Jean Blaise. Pendant toute la durée de la biennale, Defacto propose des animations gratuites (audiotours, visites guidées commentées par les membres du jury). Le programme détaillé et toutes les informations sont à retrouver sur le site de l’organisme.