France-Nigeria: Dans la foule sur le parvis de l'Hôtel de Ville, «la seule façon de vivre le Mondial»

REPORTAGE Lundi soir, le match des Bleus était à vivre pour la première fois à Paris sur écran géant, sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Un match stressant, mais dont la délivrance n'a été que plus belle...

Fabrice Pouliquen

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Paul Pogba marque et c'est tout le public du parvis de l'Hôtel de ville qui se libère.
Paul Pogba marque et c'est tout le public du parvis de l'Hôtel de ville qui se libère. — Fabrice Pouliquen/20minutes

«3-0, 3-1 ou 2-1 à la rigueur». Ce qui était sûr, ce lundi soir, pour le public amassé devant l’écran géant installé sur le parvis de l’Hôtel de Ville, c’est que la France ne pouvait pas perdre face aux Super Eagles du Nigeria, pour les huitièmes de finale du Mondial.

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Il n’y avait guère que Loïc et Max, venus voir le match avec des amis, pour envisager les prolongations. «Mais avec tout de même la victoire pour les Bleus au bout». Sinon, c’est bien sur les noms des futurs buteurs de l’équipe de France que les conversations se focalisaient. «Doublé de Benzema et un dernier de Matuidi», lançaient comme une évidence Medhi et Samir.

Du monde jusque dans l’avenue Victoria

Ça doit être ça, l’effet de foule: l’optimisme à outrance. La mairie attendait 10.000 personnes devant l’écran. Objectif atteint? Difficile à dire. Si le parvis s’est rempli doucement, à 18h, au moment de déclencher les hostilités, il était noir de monde, la foule remontant même une bonne partie de l’avenue Victoria. Il y avait là des bambins, des retraités, des familles, des supporters de la première heure bariolés en bleu-blanc-rouge mais aussi des novices découvrant pour la première fois une ambiance de match. «Comme moi oui, avoue sans aucune honte Alice, 18 ans. Mais ce qui est dingue, c’est qu’on se prend en jeu. Je connais le nom d’aucun joueur et pourtant, depuis le début du match, je vis chaque action à fond. C’est stressant mais je me demande si je ne commence pas à aimer le foot.»

C’est vrai que les Bleus n’ont pas ménagé les nerfs de leurs supporters et le bloc derrière les hommes de Didier Deschamps a menacé plusieurs fois de se fissurer. Comme à la 18e minute de jeu, lorsque Emenike, l’attaquant nigérian, faisait vibrer les cages françaises, but heureusement annulé pour un hors-jeu. Ou lorsqu’Olivier Giroud avortait une nouvelle occasion juste avant la mi-temps. «Il a le droit de marquer Giroud», s’élevaient alors des voix perdues dans la masse des supporters. Même Anne Hidalgo, la maire de Paris, se rongeait les ongles au premier rang le regard inquiet rivé sur l’écran.

«Il n’y a pas meilleur scénario»

Mais tant mieux quelque part, la délivrance n’en a été que plus belle. La tête rageuse de Pogba a soulevé d’un même bond les milliers de spectateurs massés devant l’écran. Avec les fumigènes brandis en guise de toile de fond, l’image était belle. «C’est le match parfait, lance euphorique Julien. On a souffert c’est sûr, mais marquer à dix minutes de la fin, il n’y a pas meilleur scénario.». «Restez pour la fin du match, il y en aura un deuxième», prédit même Oscar juste à côté. Bingo, Joseph Yobo, le malheureux, glisse le cuir au fond de son but dans les arrêts de jeu.

A 2-0, le parvis de l’hôtel de ville se lâche complètement. «Voilà pourquoi je suis venu ici ce soir, lance tout content Christian, sexagénaire loin d’être perdu dans la masse des jeunes supporters à occuper les premiers rangs. C’est la meilleure ambiance pour vivre un match de Coupe du monde.» «Tous ensemble, quels que soient nos origines et nos âges», lance, philosophe, Medhi.

Même dispositif vendredi

La France qualifiée, le parvis devrait de nouveau vibrer vendredi prochain pour le prochain match des Bleus. «Tous les prochains matchs des Bleus dans cette compétition seront diffusés sur écran géant», assure-t-on à la mairie de Paris. «Croisons alors les doigts pour un France-Algérie alors en quart de finale», lancent Medhi et Samir. Ça serait une belle fête.»