Bike-polo: Quand le vélo devient sport co'

SPORT URBAIN Inventé par les coursiers à vélo américains à la fin des années 1990, ce sport urbain spectaculaire fait de plus en plus d’adeptes à Paris…

Fabrice Pouliquen

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Tournoi de bike polo a la piscine Molitor a Paris ( 16e arrondissement en mai 2010.
Tournoi de bike polo a la piscine Molitor a Paris ( 16e arrondissement en mai 2010. — ABIGAEL/SIPA

De son ancêtre, le bike-polo n’a gardé que quatre lettres et un maillet. «C’est à peu près tout, sourit William, l’un des adeptes parisiens de ce sport urbain en plein essor. Aujourd’hui, la discipline se rapproche davantage du hockey à vélo.»

Mais toute comparaison est difficile. Le bike-polo, comme bon nombre de sports urbains, est inclassable. «Ce sont les coursiers à vélo de Seattle qui ont inventé ce sport en 1998, raconte William. C’était une façon de décompresser le soir après le boulot.»

Des parties courtes mais intensives

La partie se déroule sur un terrain en bitume de quarante mètres sur vingt. Dans cet espace fermé, deux équipes de trois joueurs s’affrontent autour d’un enjeu des plus classiques: loger la balle au fond du but adverse. Suivant les règles, soit la première équipe à cinq buts l’emporte, soit la partie dure douze minutes. Quoi qu’il en soit, c’est toujours très court. «Mais, on ne pourrait guère faire plus, précise Marc Sich, président de Paris Bike Polo, association qui regroupe les joueurs parisiens depuis 2007. Le bike-polo est un sport très intensif où il faut régulièrement sprinter. Vivacité et puissance sont des qualités clés.»

Pas question non plus de mettre un pied à terre pendant la partie. «Sinon tu es hors-jeu, raconte William. Il faut alors toucher le tap out, une marque au centre du terrain pour revenir dans la partie.»

Si le bike-polo est physique, les beaux gestes ne sont pas non plus interdits. Et Marc Sich l’assure, ils sont légions. «Il y a plein de techniques avec le maillet pour dribbler avec la balle ou encore la lever. On voit aussi souvent des grands ponts comme au foot.» Mais les gestes les plus spectaculaires sont encore ceux réalisés avec le vélo. «Les demi-tours en quelques secondes sur roue avant ou arrière», poursuit Marc. Pour ça, les joueurs de bike-polo utilisent des vélos proches de ceux utilisés en cyclisme sur piste, «avec une vitesse, un seul frein du côté où l’on conduit le guidon et des roues à 48 rayons pour éviter que la balle passe à travers», détaille William.

Prôner le beau geste

A Paris, ils sont désormais une trentaine de licenciés à l’association Paris bike-polo. «Le sport a fait son apparition en 2007 dans la capitale», précise Marc Sich. Et s’il reste encore assez confidentiel, il continue toutefois à se structurer. «On se réunit trois fois par semaine sur un terrain boulevard Davout (20e) et on essaie en ce moment d’obtenir un terrain plus approprié près du vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines, annonce Marc Sich. Ce serait l’endroit parfait pour faire émerger une vraie scène locale du bike-polo.» Les compétitions aussi sont de plus en plus nombreuses et les Parisiens s’y montrent plutôt brillants. William et son équipe des Call me daddy sont double champion d’Europe et champion du monde 2012. «Nous avons été les premiers Européens a décroché le titre», précise le Parisien. Et la semaine dernière encore, au championnat d’Europe à Padoue (Italie), les Français ont placé trois équipes dans les cinq premières de la compétition.

Prochain tournoi au Pavillon de l’Arsenal

Envie d’assurer la relève? «On dit jamais non pour intégrer de nouvelles personnes», assure Marc Sich. Le prochain tournoi se profile d’ailleurs déjà à l’horizon, l’occasion parfaite pour découvrir la discipline. Il se tiendra le dimanche 20 juillet au Pavillon de l’Arsenal (21 boulevard Morland dans le 4e) où se tient l’exposition «Sports, portrait d’une métropole» à voir jusqu’au 31 août.