Dans les entrailles des Halles en pleine renaissance

TRANSPORT D’ici à 2016, de nouveaux accès, une salle d’échange agrandie et une nouvelle signalétique devraient faciliter la vie de milliers d’usagers des Halles…

Oihana Gabriel
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Paris, le 24 juin 2014, Anne Hidalgo, Christophe Najdovski et Pierre Mongin ont arpenté les couloirs en travaux des Halles où huit lignes de transports en commun se croisent.
Paris, le 24 juin 2014, Anne Hidalgo, Christophe Najdovski et Pierre Mongin ont arpenté les couloirs en travaux des Halles où huit lignes de transports en commun se croisent. — O. Gabriel / 20 Minutes

La Canopée ondulante reflète déjà le soleil sur les Halles encore encombrées de travaux. Mais l’immense chantier qui doit se conclure en 2018 ne se situe pas seulement en surface. Dans les entrailles des Halles où se croisent trois lignes de RER et cinq de métro, ça avance aussi. «C’est un des chantiers les plus complexes d’Europe», assure Pierre Mongin, président de la RATP. Et le casse-tête se complique encore puisque tous les travaux sont effectués sans fermeture des transports utilisés par 750.000 usagers en moyenne chaque jour. Alors que certains accès à la surface sont en revanche fermés.

>> On en est où du chantier des Halles en surface?

Ce mardi matin, la maire de Paris Anne Hidalgo, accompagnée de son adjoint au Transport Christophe Najdovski (EELV), a arpenté les couloirs en travaux pour observer les changements à venir. «Nous avons profité de ces travaux pour refaire la signalétique avec le cheminement minuté pour chaque changement», précise Valérie Geburtig, chef de projet du réaménagement. Un travail sur la lumière devrait rendre moins glauques ces couloirs sans fin.

Et c’est particulièrement la liaison entre les lignes 4 et 14 qui est concernée par ce chantier qui coûte 164 millions d’euros, financé pour moitié par la Ville de Paris. Ces travaux vont permettre de remplacer un escalier étroit par un escalator doublé d’un escalier plus large d’ici 2016. «Il y avait saturation, explique Patrick Garoche, maître d’œuvre RATP. On creuse à côté des quais à moins de 3 mètres sous les immeubles. La moitié du terrassement a été effectué.»

Un parking rayé de la carte

L’espace semble être la priorité de ces travaux commencés début 2013 et qui doivent s’achever fin 2016. Les changements entre les lignes de RER ou de métro devraient être simplifiés grâce à une salle d’échange qui passe de 8.000 m2 à 12.672 m2. Un espace gagné sur un parking souterrain rayé de la carte. L’ancien parking Berger laisse donc petit à petit place à un grand escalator lumineux vers la surface, seul accès reliant la salle d’échanges à la rue.

Pour le moment, on peut encore voir la forme de l’ancienne rampe d’accès au parking en colimaçon et en cours de destruction. Dans les couloirs boueux, Christophe Najdovski (EELV) pointe «les vestiges de l’ancien parking», une pancarte indiquant la sortie. Les visiteurs des Halles auront donc tout intérêt à venir en transports en commun. «Mais le parking était sous utilisé», argumente Anne Hidalgo, casque sur la tête. Les Halles, nous le répétons depuis longtemps, ce n’est pas que la canopée. Il y a eu beaucoup de critiques mais je donne rendez-vous à l’inauguration. Ce sera un plus pour le cœur de la métropole.»

>> Retrouvez notre diaporama dans le chantier des Halles

Le spectaculaire chantier vise à créer une nouvelle porte d’entrée vers les transports sur la place Marguerite de Navarre. «A la place, ce sera un accès majeur vers le RER depuis le quartier Rivoli qui permettra le désenclavement de cette station, souligne Denis Mazure, du département de la maîtrise d’ouvrage à la RATP. L’accès direct à la surface est très attendu par les voyageurs.» Et cette recomposition des transports aux Halles devrait faciliter la vie des usagers en fauteuil roulant et en poussette: cinq ascenseurs supplémentaires sont actuellement construits. «On se sert de l’emplacement des deux futurs ascenseurs qui donneront sur la place Marguerite de Navarre pour installer la grue», précise Patrick Garoche. Les trois nouveaux accès, la nouvelle signalétique et l’espace dans la salle d’échange permettra-t-elle à la plus grande gare souterraine d’Europe de devenir plus accueillante?