Les entreprises franciliennes se mettent-elles au sport ?

SOCIETE Coaching le midi, piscine au bureau ou abonnement à une salle de gym, timidement les sociétés encouragent leurs salariés à pratiquer un sport...

Oihana Gabriel

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Un shomme court sur un tapis roulant, dans la salle de sport mise à la disposition des salariés dans les locaux de la société Pixmania, à Asnières-sur-Seine (Haut-de-Seine).
Un shomme court sur un tapis roulant, dans la salle de sport mise à la disposition des salariés dans les locaux de la société Pixmania, à Asnières-sur-Seine (Haut-de-Seine). — MEIGNEUX/SIPA

L’accrobranche pour le week-end de team building, la séance de yoga au bureau… Le sport s’est invité ses dernières années au sein des entreprises. Le siège de Total à La Défense a mis à disposition une piscine de 25 m, PSA Peugeot-Citroën propose une salle de squash à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), SFR, Orange, Carrefour ont installé des salles de sport. «Il y a un développement timide en France depuis environ cinq ans», précise Marie-Cécile Naves, sociologue et auteur d’un rapport «Comment mettre le sport au service de la santé des salariés?». En effet, en 2009 seulement 13% des sportifs français avaient la possibilité d’en pratiquer au travail, aujourd’hui c’est 17%.

Moins de la moitié des Français font du sport

Mais il n’y a pas forcément besoin d’infrastructures lourdes et coûteuses. Certaines PME invitent un coach le midi, d’autres laissent une heure de libre à leurs salariés pour faire du sport ou encore négocient un abonnement avec des piscines. «Les salles de sport au sein des entreprises sont peu utilisées et attirent ceux qui font du sport par ailleurs», explique Marie-Cécile Naves.

Les raisons de s’y mettre? Moins de la moitié des Français font du sport et «cela a un coût sur les finances publiques et aussi pour l’entreprise», complète Sylvain Landa, directeur adjoint de Sport et Citoyenneté, un think-tank européen. «Une étude prouve qu’une salarié actif est 12% plus productif que celui qui ne fait aucun sport ».

Le sport réduit l’absentéisme

«40% des personnes qui ne font jamais de sport disent que c’est par manque de temps», reprend Marie-Cécile Naves. Or, faciliter l’accès à une activité physique peut accroître le bien-être au travail. «Le sport réduit l’absentéisme notamment lié à des maladies au premier rang desquelles la dépression, analyse la sociologue. Il y a une explosion de petites entreprises en Ile-de-France de coaching sportif en entreprise.» Footing, yoga, pilates, gym suédoise ou zumba, les activités proposées s’adaptent au public plus féminin et suit la mode.

Mais les dirigeants ne voient pas forcément d’un bon œil qu’un salarié prenne une heure au bureau pour ses abdos-fessiers. «Beaucoup confondent le fait de motiver les salariées en faisant venir un sportif de haut niveau et des politiques sportives de long terme avec conseils en nutrition au sein de l’entreprise», nuance Marie-Cécile Naves.

Et les salariés de leur côté n’apprécient pas forcément de se retrouver en position du chien, la tête en bas en short et en nage, à côté des collègues. «Mais c’est notre boulot de créer une ambiance conviviale et de briser la peur du ridicule, affirme Jean-Michel Andriot, cogérant d’ABC coach sport en entreprise. Un responsable de la société People & Baby nous a assuré qu’il avait constaté de meilleurs résultats en terme de motivation de ses employés après nos séances de coaching.»

Vélo-Boulot-Dodo

Et la France n’est pas leader sur ce dossier. Dans certains pays européens, l’Etat met la main au portefeuille pour encourager le sport en entreprise. Ainsi, dans certaines sociétés anglaises un programme de marche nordique pour les personnes en surpoids est en partie financé par le Royaume-Uni. En Finlande, la réforme des retraites a été accompagnée d’une politique sportive adaptée aux séniors et obligatoire. L’union européenne veut mettre en place une semaine européenne du sport sur le modèle de la Fête de la musique en 2015. Mais les choses bougent aussi dans l’hexagone. Depuis début juin, 19 entreprises proposent à leurs 10.000 salariés qui viendront à bicyclette au bureau une compensation financière équivalente à 25 centimes d'euros par kilomètre. Une première expérimentation, soutenue par le gouvernement, qui fera des petits?