Logements de la Région Ile-de-France: «La transparence n'a pas été faite»

INTERVIEW Supposé apporter un éclairage sur les logements de la Région, un rapport présenté lors du conseil régional ne donnerait en fait aucune réponse, estime Pierre-Yves Bournazel. Une vision que conteste son rapporteur, Eddie Ait..

Mathieu Gruel

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Pierre-Yves Bournazel, vice président délégué au Conseil de Paris pour l'UMP et Conseiller Régional, le 15 janvier 2013.
Pierre-Yves Bournazel, vice président délégué au Conseil de Paris pour l'UMP et Conseiller Régional, le 15 janvier 2013. — 5/01/2013/Credit:A. GELEBART/20 MINUTES/SIPA/1301171007 Auteurs : A. GELEBART/20 MINUTES/SIPA

Le flou persiste. Pierre-Yves Bournazel (UMP), qui présidait la mission d’information et d’évaluation (MIE) mise en place pour faire la transparence sur les logements de fonction ou sociaux relevant de la Région Ile-de-France, estime qu’elle n’a pas atteint son but. Il a expliqué pourquoi à 20 Minutes, alors que le rapport final doit être présenté vendredi, lors du Conseil régional qui débute ce jeudi.

Est-ce que ce rapport donne des réponses, en termes de transparence?

Malheureusement non. Notre mission portait sur deux champs: les logements réservataires de la Région et les logements de fonction dans les lycées. Pour le premier, la Région ne nous a fourni que des listes incomplètes. Elle a également refusé que l’on utilise les données autorisées par la Cnil. Pour le second, nous n’avons eu que des listes imprécises. De plus, la majorité a refusé que la mission d’information puisse durer 6 mois. En 3 mois, nous n’avons pas pu auditionner les personnes concernées. Dans ces conditions, la transparence a été entravée.

Le rapporteur, Eddie Ait (PRG), a pourtant indiqué il y a quelques jours que les accusations d’opacité étaient infondées…

Dans cette affaire, sa seule fonction a été de communiquer très tôt, pour nous couper l’herbe sous le pied. Pourtant je le redis, il y a une opacité totale et une très mauvaise gestion du parc régional.

Quelles sont vos propositions pour améliorer cette transparence?

Avec Valérie Pécresse, nous proposons la création d’une fiche de renseignements afin de connaître les élus qui bénéficient d’un logement social et nous souhaitons également que la commission régionale ne soit plus présidée par une élue, mais par une personnalité indépendante et qualifiée. Nous voulons également faire la publicité des logements attribués sur le site de la Région et lancer une étude de reconfiguration du parc dans les lycées, 13 % de celui-ci étant vacant.

Le journal Marianne révèle ce mercredi que Michèle Sabban, vice-présidente socialiste de la Région Ile-de-France, occuperait un logement de fonction depuis dix ans…

Je ne peux pas me prononcer sur le cas personnel. Mais d’une manière générale, quand on est un élu rémunéré, on ne doit pas bénéficier d’un logement aidé. La société a évolué, ce genre de chose n’est plus compréhensible. Il y a actuellement 500.000 demandeurs de logements sociaux en Ile-de-France et il faut retisser un lien de confiance entre les élus et la population. Ce que la politique de Jean-Paul Huchon ne permet pas.

Le rapporteur du texte, Eddie Ait (PRG), a réagi ce mercredi aux propos de Pierre-Yves Bournazel, récusant les accusations d’opacité. «Ce qui me dérange, c’est la question de l’absence de transparence, alors que nous avons apporté les réponses en travaillant vite. Ce qu’on ne va tout de même pas nous repprocher», précise-t-il. Indiquant que «tous les travaux étaient consultables sur le site Internet de la Région», Eddie Ait rappelle également que, «comme le prévoient les délibérations régionales, et ce en toute conformité avec le cadre réglementaire en vigueur, les élus régionaux ne peuvent ainsi nullement se voir attribuer de logements de fonctions dans les lycées, et encore moins se porter candidat à des logements sociaux dont la région est réservataire». Précisant également que la mission avait respecté l’autorité de la CNIL, «qui ne voulait pas que l’on communique des données à caractère nominatives», Eddie Ait dénonce ici un jeu de manipulation. Selon lui, «Pierre-Yves Bournazel avance des éléments de fond et de formes qui le réduisent à un passeur de plat pour Valérie Pécresse. Il mérite mieux que ça».