Street golf: A Paris, le golf descend dans la rue

TENDANCE Trois équipes dynamiques, de plus en plus de compétitions et un terrain de jeu immense… Et si Paris devenait la capitale du street golf? «20 Minutes» s'est intéressé au phénomène, à l'occasion de l'exposition «Sports, portrait d'une métropole, au Pavillon de l'Arsenal (4e)...

Fabrice Pouliquen

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Arno Pons et Eric Nguyen Khac, des Los Golfos, l'une des trois équipes de street golf que compte Paris.
Arno Pons et Eric Nguyen Khac, des Los Golfos, l'une des trois équipes de street golf que compte Paris. — F.Pouliquen/20minutes

«Tu vois la poubelle à l’autre bout de la rue? Il faudra la toucher en un minimum de coups. Et si tu la loges à l’intérieur, ça vaut un point bonus.» Une fois les objectifs explicités, David Lardier, pose la balle sur le trottoir, s’empare d’un club de golf et s’apprête à frapper un grand coup. Pile le moment choisi par un passant inquiet de l’avenue Jean-Aicard (11e) pour interrompre la partie: «Dis donc, c’est une vraie balle de golf?»

«Zéro vitre cassée»

Un grand classique du street golf! Le président du Paris street golf rassure tout de suite. «Visuellement, elle a tout d’une balle de golf, mais celle-ci est en mousse compensée. Elle est moins lourde, moins dure et ne fait aucun mal.» D’ailleurs, David Lardier l’assure: depuis qu’il joue, il en est à «zéro vitre cassée et zéro hématome». Même bilan pour le 19e trou et les Los Golfos, les deux autres équipes de street golf de Paris.

C’est tout l’attrait de la discipline: pouvoir jouer n’importe où dans la rue et à moindre coût. «Une balle coûte 1 euro et des clubs de golf, vous en trouvez à 5 euros dans les brocantes», raconte Mathieu Godin, du 19e trou.

La Défense, le spot parfait

Une fois équipé, le jeu se déroule grosso modo comme une partie de golf classique: «On s’affronte dans un parcours en neuf trous en général, racontent Arno Pons et Eric Nguyen Khac, des Los Golfos. Pour chaque trou, l’arbitre détermine un nombre de coups à faire. Si vous arrivez à faire moins, c’est parfait. Si vous en faites plus, vous perdez des points.»

Mais par «trou», le street golfeur entend bien plus «cibles à toucher». «Cela peut-être une boîte aux lettres, un panneau, un réverbère…», détaille David Lardier. A ce petit jeu, Paris se révèle être le spot parfait. Il y a Montmartre et ses dénivelés, la bibliothèque François-Mitterrand et ses marches, La Villette et ses cours d’eau à franchir… «Mais rien ne vaut La Défense les week-ends, assure David Lardier. Il n’y a alors plus personne et on peut se permettre de plus grands coups. Jusqu’à 80 mètres.»

Un sport de rue sans prise de tête

Bref, il y a de quoi s’amuser. Et ça commence à se savoir. Introduit à Paris en 2003 par le 19e trou, le street golf ne se limite plus aujourd’hui à une discipline urbaine mais tend à devenir un sport à part entière. Il existe même un championnat en France et le Paris street golf, en collaboration avec les Allemands du Crossgolf Aachen, a lancé l’an dernier un premier tournoi européen. «Ces dernières années, on voit même de plus en plus de "vrais" golfeurs se mettre au street», observe David Lardier.

«Tant mieux si ça se développe, disent les Los Golfos. A condition de garder l’état d’esprit initial, plus axé sur la rigolade que la compétition.» Ceux qui ne jurent que par les greens devront s’y faire: «Au street golf, il y a par exemple le droit de parler quand l’adversaire s’apprête à jouer», martèle Eric Nguyen Khac.

>> Petite vidéo de présentation du street golf avec les Los Golfos :

Les sports urbains à l’honneur au Pavillon de l’Arsenal

Vous voulez essayer le street golf? Pas de souci, le 19e trou et le Paris street golf s’entraînent régulièrement et organisent tous deux des sessions ouvertes au public. Tous les renseignements sont sur leur site internet. Et pour découvrir d’autres sports urbains, direction le Pavillon de l’Arsenal (21 boulevard Morland dans le 4e) où se tient l’exposition Sports, portrait d’une métropole. A découvrir jusqu’au 31 août.