Construire soi-même son Skatepark dans son jardin, c'est possible !

SPORT C'est le défi qu'à réalisé Romain Covolan, 21 ans, skateur de longue date...

Sélèna Jeusset

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Romain Covolan skate dans son "Covoland", le skatepark qu'il a fabriqué de ses mains dans son jardin à Sainte-Geneviève des Bois (91).
Romain Covolan skate dans son "Covoland", le skatepark qu'il a fabriqué de ses mains dans son jardin à Sainte-Geneviève des Bois (91). — Sélèna Jeusset

«Do it yourself» annonce haut et fort Romain Covolan. Le jeune homme de 21 ans, skateur depuis ses premières années, a construit son propre skatepark dans son jardin. Situé en région parisienne à Sainte Geneviève des Bois (Essonne), juste au pied de sa porte, la construction en ciment étonne. Elle est loin de laisser les passants indifférents. «Surtout les petits. Ils s’arrêtent souvent pour regarder», sourit Romain. Et pour preuve, un architecte a même réalisé un croquis de son skatepark après l’avoir aperçu de la rue. «J’ai reçu un mail, on m’a dit que le dessin était exposé au Pavillon de l’Arsenal» s’amuse Romain.

Mais d’où est venue cette idée saugrenue? Le chantier a débuté sur un coup de tête. «J’avais une rampe en bois construite par mon père. Il a fallu la remplacer. Je me suis dit qu’on allait mettre du béton, comme ça, c’était du solide». C’est ainsi qu’est né «Covoland», le nom que donne Romain à son skatepark.

Trois ans de construction

Grâce à une mère conciliante, propriétaire du terrain, le passionné de skate se lance dans la construction de son skatepark en 2009. Il mettra trois ans à réaliser son œuvre, accompagné d’une dizaine d’amis. «Honnêtement, en bossant à fond, en un mois ça aurait pu être fini». Mais la construction avait surtout pour objectif de «passer du bon temps ensemble à boire des bières entre potes». En témoignent les capsules directement incrustées dans le ciment d’une rampe.

Désormais, la bande se fait des sessions de skate dans le jardin de Romain. Mais aucun autre ami n’a voulu tenter l’expérience à son tour. «Ils disent oui oui mais après ils prennent peur. Ils ne vont pas jusqu’au bout de leur envie. Mais on construit parfois des skateparks à l’extérieur, dans des endroits abandonnés. Après, directement chez soi, je crois bien que je suis le seul».

2000 euros et quelques bases en maçonnerie

Pourtant, pour Romain, pas de doute, «fabriquer son propre skatepark, tout le monde peut le faire». Pour la théorie, quand il s’agit seulement de concevoir le plan du futur parc, «pas besoin d’être architecte!» . «On a complètement fonctionné à l’improvisation. En plus, dans les skates parcs publics il y a des normes, alors que là on a pu faire ce qu’on voulait». Idem pour la pratique. Avec quelques «bases en maçonnerie, notamment sur le travail du ciment, et des bras pour aider», n’importe qui peut venir à bout du chantier.

Quant aux matériaux, le coût de construction s’est élevé à 2000 euros. «Ça aurait pu être beaucoup plus cher mais il faut savoir se débrouiller, et faire de la récupération» indique Romain. La structure est donc désormais achevée. Mais cela ne veut pas dire que Romain et sa bande de skateurs ne continuent pas d’innover. «On est toujours en train de l’améliorer, de le modifier» précise Romain. Peut-être que d’autres skateurs passionnés tenteront l’expérience…