Cinq jeunes cadres lancent un site d’offres d’emplois sexys

ECONOMIE Ils viennent de créer fuyonsladefense.com, un site au nom provocateur qui semble plaire aux employés en recherche d’un métier excitant…

Oihana Gabriel

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Le quartier d'affaires de La Défense à la tombée de la nuit, le 14 mai 2014
Le quartier d'affaires de La Défense à la tombée de la nuit, le 14 mai 2014 — Ludovic Marin AFP

«Fuyons la Défense, ils ne nous méritent pas». Voilà le genre de phrase que certains se répètent après une journée harassante. Un collectif en a fait son slogan. Depuis mardi, une plateforme éponyme propose des offres d’emplois exclusivement «stimulants» ou solidaires. Comme par exemple manager pour Uber à Jakarta ou un stage chez Emmaüs à Paris. Guilhem, l’un des fondateurs, détaille les motivations et innovations de cette plateforme fuyonsladefense.com.

Qui a monté cette plateforme ?

On est cinq jeunes cadres ayant bossé dans la finance, l’audit ou le conseil. Et on s’est tous lassé. Personnellement, après mon diplôme de commerce j’ai fait un stage en conseil, je me suis ennuyé, un second dans la banque, je me suis encore ennuyé et ensuite un stage dans une start-up, où je me suis beaucoup amusé. J’ai ensuite décidé de monté une boîte dans le loisir.

Pourquoi avoir lancé cette plateforme ?

On est parti d’un double constat. Il est très compliqué de trouver des boulots stimulants parce que les offres sont soit classées par microthème soit trop généralistes pour qu’on s’y retrouve. D’un autre côté, on a beaucoup d’amis qui n’arrêtent pas de se plaindre de leurs horaires et de leur démotivation. Mais ils ne changent pas de métier. On s’est dit si on met des offres ciblées pour des jeunes cadres dynamiques peut-être qu’ils feraient le pas.

Comment sélectionnez-vous les offres?

Des offres d’emploi en suivant quatre critères: l’exotisme, la marque sexy comme par exemple Michel et Augustin, la start-up ou l’économie sociale et solidaire. Mais ils sont indépendants : on peut proposer d’être contrôleur de gestion dans un pays exotique. Ces offres en général ne figurent pas à Pôle Emploi. Et petit à petit, les entreprises nous contacterons directement pour proposer des postes intéressants.

Comment mesurez-vous le succès de la plateforme?

Nous l’avons lancé le 3 juin et il y a déjà 250 offres d’emploi. Et 1300 personnes se sont inscrites en l’espace de 24h. Ca répond à une vraie demande. C’est déjà très viral. Le public comprend rapidement ce que signifie «fuyons la Défense». On ne dit pas que tous les boulots de la Défense sont pourris. Mais pour beaucoup rejoindre ce quartier d'affaires dans un RER serré contre un voisin qui pue, c’est le symbole du repoussoir.

Quelle différence avec escapethecity?

C’est un grand frère. Mais pour le site de Londres, qui nous a beaucoup inspiré, il faut créer un compte et donc laisser son mail dont ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Notre plateforme est totalement ouverte, aucune obligation de s’inscrire. Et il y a beaucoup d’offres à l’étranger sur escapethecity. Il y a par exemple beaucoup d’offres en France dans l’économie sociale et solidaire.

Quels changements imaginez-vous à l’avenir?

On aimerait ajouter une catégorie «bras droit d’un dirigeant», très «challengeant». Et aussi un onglet apprentissage pour des personnes qui voudraient apprendre le métier d’architecteur d’intérieur par exemple ou de photographe ou d’artisan.