Pavillon Dauphine: Crispation autour du renouvellement de la concession

Paris La famille Ambert, qui gère ce bâtiment depuis quarante ans, dénonce les méthodes de la mairie dans le processus pour désigner le futur gérant du lieu…

Mathieu Gruel

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Le Pavillon Dauphine, situé près du bois de Boulogne à Paris (16e)
Le Pavillon Dauphine, situé près du bois de Boulogne à Paris (16e) — Pavillon Dauphine

«On demande juste à être traité à égalité». Aurélien et son père, Dominique Ambert, qui gèrent le Pavillon Dauphine, sont amers. Ce jeudi se joue un nouvel épisode dans le renouvellement de la concession du bâtiment situé aux abords du Bois de Boulogne (16e), propriété de la ville de Paris, où ils organisent réceptions et événements privés et professionnels.

Car le projet de délibération, qui doit être présenté en fin d’après-midi devant le Conseil d’arrondissement du 16e, ne leur sera pas favorable, comme a pu le constater 20 Minutes. C’est en effet «la proposition de la société Saint Clair qui a été jugée la plus avantageuse», peut-on lire dans le document, qui devrait ensuite passer, en juin, devant le Conseil de Paris.

Pour Dominique Ambert, c’est ainsi «quarante ans de travail qui disparaissent» et le sentiment de faire face «à un mensonge délibéré de l’administration», accuse Marc Sémof, qui assure la communication du Pavillon Dauphine. Reprochant de «ne pas avoir été informés de cette délibération», il s’interroge également sur la présence, en annexe au projet de délibération, d’une convention déjà signée par le futur occupant.

Dindons de la farce

Si la Mairie, contactée par 20 Minutes, explique que «cette convention est systématiquement envoyée et signée», elle précise que l’information des candidats évincée, «ne se fait qu’après le vote du Conseil de Paris».

Mais après une première procédure de mise en concurrence, lancée en 2011 et classée sans suite par la ville, Aurélien et son père ont «le sentiment d’être les dindons de la farce», dans un jeu qui profiterait finalement à un Fonds d’investissement, 21 Central Partners, dont l’une des sociétés, Potel & Chabot, gère déjà le pavillon Gabriel.

«Et nous n’avons pas les mêmes moyens qu’eux pour lutter», pointe Aurélien Ambert, qui dénonce des «contacts réguliers» entre leurs concurrents et la Mairie. Une pratique récusée par la Ville de Paris, qui estime que, dans cette «procédure classique de mise en concurrence, tout le monde a été logé à la même enseigne» et que tout s’est déroulé «dans le respect du code des marchés publics».

Dénonçant de leur côté «une instruction à charge», Aurélien et Dominique Ambert préviennent: «On ne va pas en rester là».