Place de la République: Le nouveau QG des skaters

SPORT Depuis sa refonte l'année dernière, l'endroit accueille nombre de skateurs parisiens...

Sélèna Jeusset

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Andy, 14 ans, skate sur la Place de la République (3e, 10e, 11e arrondissement) mardi 27 mai.
Andy, 14 ans, skate sur la Place de la République (3e, 10e, 11e arrondissement) mardi 27 mai. — Sélèna Jeusset

Alain, 19 ans, ne tarit pas d’éloges sur son repaire. La place de la République, située à la frontière des 3e, 10e et 11e arrondissements, est un parfait terrain de jeu pour les skateurs. «Le sol sèche vite, il ne reste pas humide. Il y a de l’espace, de l’ambiance. Les magasins à proximité pour acheter nos bières… C’est un vrai QG pour nous sur Paris», explique le jeune homme qui pratique ce sport depuis cinq ans.

Les architectes de l’agence d’architecture et d’urbanisme TVK sont à l’origine de la transformation de la place il y a un peu plus d’un an. Et ils n’avaient pas pensé spécialement aux skateurs lors de leurs planifications. «On a pensé au sol pour qu’il accueille tout type de public, c’est pour cette raison qu’il est plat et qu’il ne retient pas l’eau» explique Anthony Viger-Kohler, un des architectes de TVK.

Un joyeux mélange

«C’était deux hectares de terrain qu’on a voulu rendre accessible et disponible. C’est désormais un joyeux mélange où tout fonctionne ensemble, on constate pleins d’activités parallèles»

Et en effet, les skateurs, de toutes nationalités et de tous les âges, partagent l’espace avec les autres usagers: les gens de passage, ceux qui s’essayent aux rollers, ou encore les cyclistes.

Les adeptes de la planche à roulette tiennent d’ailleurs aussi à se respecter entre eux. «Tout le monde se connaît ici, reprend Alain, qui s’entraîne pour ses compétitions sur la nouvelle place. Qu’importe la différence. Même au niveau de la technique. On ne va pas rejeter des débutants. Au contraire, on va leur apporter des conseils.»

Peu de femmes, mais une skateuse «qui déchire»

Andy, 14 ans, appelle son skate «sa girlfriend». Alain appelle le sien «son bébé». Il n’y a pas à dire, les skateurs entretiennent une relation très intime avec leur planche. «C’est comme une femme. Il y a en a de toutes les sortes, de toutes les formes. L’important c’est de choisir celle avec qui tu te sens le plus à l’aise.»

D’ailleurs, en parlant de filles, il n’y en a «pas beaucoup qui pratiquent», remarque Alain. A vrai dire, ce mardi après-midi, elles sont surtout spectatrices sur la place. Peu de femmes sur roulettes donc… Mais ça ne veut pas dire «qu’elles sont les moins douées». Andy vante les mérites de Charlotte, une skateuse «qui déchire».

Des contacts internationaux

Entre quelques figures, parfois ratées mais surtout impressionnantes, les groupes de sportifs se font et se défont. D’un côté, on propose une planche à vendre. De l’autre, on discute de tout et de rien sans même connaître le prénom de ses interlocuteurs.

«Se retrouver ici, ça peut faire des contacts. Je suis même allé en Australie grâce à ça», précise Alain après avoir adressé quelques mots en anglais à un autre skateur. Les sportifs se retrouvent ainsi entre passionnés à l’étranger, dépassant les frontières.

Une bonne intégration

Les skateurs ne dérangent pas les habitants et les passants. «Honnêtement, je n’ai vu aucune colère contre nous» affirment les skateurs.

Installés depuis la refonte de l’endroit, particulièrement les week-ends quand le soleil est au rendez-vous, les sportifs attirent les spectateurs. «On crée de l’animation. Et puis si on nous critique, ça ne pose pas de problèmes. Au contraire, ça nous fait avancer» conclue Alain.