Mêlée politique dans les gradins de Jean-Bouin

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Le projet d'agrandissement du stade de rugby Jean-Bouin (16e), antre du Stade Français, divise les élus. La délibération présentée lundi en Conseil de Paris prévoit la démolition puis la reconstruction du stade, portant à 18 000 son nombre de places (au lieu des 11 000 existantes). L'objectif est de transformer le complexe en « maison du rugby » avec parking, buvettes et galerie marchande. Le tout avant 2011, pour une enveloppe totale de 110 millions d'euros.

Seulement, le conseil d'arrondissement du 16e s'est prononcé contre le projet la semaine dernière. Ce vote n'était que consultatif et ne devrait pas faire de tort aux défenseurs du projet (PS et Verts). Malgré tout, le maire (UMP) du 16e, Pierre-Christian Taittinger, présentera un voeu lundi au Conseil de Paris. Il demandera « un moratoire de six mois pour discuter de cet agrandissement et faire des expertises », précise Claude Goasguen, le député (UMP) de la circonscription. « Avec le Parc des Princes, Roland-Garros et bientôt Jean-Bouin, le quartier deviendra une enclave du show-business sportif », regrette- t-il. Pour Pascal Cherki, l'adjoint aux Sports de la Mairie de Paris, le 16e s'oppose au projet par pur jeu politique. « Il faut qu'ils règlent leurs contradictions entre eux », s'énerve-t-il. En effet, même si le projet a été refusé à l'unanimité dans le 16e, les propositions divergent selon les élus. Certains voient le stade Charlety comme une solution de remplacement, d'autres veulent tout simplement rayer Jean-Bouin de la carte. Mais tous s'accordent pour dire qu'il faut faire honneur au club de rugby de la capitale. Face à ces querelles, Max Guazzini, le populaire président de l'équipe parisienne, préfère garder la tête au-dessus de la mêlée. « Le rugby ne doit pas être victime des explications politiques », conclut-il.

William Molinié