RECENSEMENT

L'illettrisme touche 461 000 Franciliens

L'Insee a présenté hier le bilan de son enquête. L'institut comptabilise au total 461 000 Franciliens en situation d'illettrisme. Ils sont 930 000 à rencontrer d'«...

Pour la première fois, un instrument fiable de recensement des illettrés est au point. L'Insee a présenté hier le bilan de son enquête. L'institut comptabilise au total 461 000 Franciliens en situation d'illettrisme. Ils sont 930 000 à rencontrer d'« importantes difficultés face à l'écrit ». Mais parmi eux, ceux qui n'ont pas fait leur scolarité en France ne peuvent être considérés comme illettrés. En tout, ces personnes représentent 13 % de la population francilienne, une proportion identique à la moyenne nationale. Ces personnes ne peuvent pas faire face de façon autonome à des situations courantes dans la vie quotidienne, telles que faire une liste de courses, lire une facture ou rédiger un chèque.

« Ces conclusions vont à l'encontre des idées reçues », remarquait hier Marie-Thérèse Geffroy, la directrice de l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme, associée à l'enquête. D'abord, les illettrés ne sont pas forcément jeunes. Près de 19 % des personnes âgées de 50 à 65 ans souffrent d'illettrisme, contre 7 % des jeunes de 18 à 25 ans. « Ce qui veut dire que les entreprises ont un effort à faire dans la formation continue, tout ne se joue pas seulement à l'école », précise Marie-Thérèse Geffroy. Deuxième enseignement de l'étude : 58 % des illettrés franciliens travaillent, dans des professions où ils n'ont pas recours à l'écrit. D'ailleurs, 12 % de ceux qui ont « d'importantes difficultés à l'écrit » ont au moins le bac. Ils ne sont plus que 6 % au niveau national, ce qui s'explique par la forte présence de diplômés étrangers en Ile-de-France. Enfin, les femmes ont plus de difficultés pour le calcul et l'oral mais moins à l'écrit.

S. Caillat

L'enquête menée à la fin 2004 par l'Insee porte sur 1 450 Franciliens de 18 à 65 ans. Le questionnaire teste les fondamentaux de l'écrit, la compréhension orale et la faculté à résoudre de courts problèmes de maths.