Paris: Coup d'arrêt à la rénovation de la Samaritaine

URBANISME Le tribunal administratif a annulé l'un des permis de construire du célèbre bâtiment...

20 Minutes avec AFP

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Le magasin de la Samaritaine, face au Pont Neuf à Paris (1er), le 15 octobre 2008.
Le magasin de la Samaritaine, face au Pont Neuf à Paris (1er), le 15 octobre 2008. — JAUBERT/SIPA

Le tribunal administratif a annulé, ce mardi, l'un des permis de construire portant sur la rénovation du grand magasin parisien la Samaritaine, selon un jugement consulté par l'AFP. La mairie de Paris a dit à l'AFP qu'elle prenait acte du jugement et allait faire appel.

L'association Société pour la protection des paysages et de l'esthétique de la France (SPPEF) avait déposé un recours devant la justice pour contester les permis de construire accordés fin 2012 au groupe de luxe LVMH, propriétaire du lieu, par la mairie de Paris.

Elle s'inquiétait de la transformation du bâtiment et du respect des règles d'urbanisme. Un premier jugement, rendu le 11 avril, avait validé le permis de construire de l'«Ilot Seine», la partie de ce gigantesque ensemble qui jouxte le fleuve parisien. Le jugement rendu mardi concerne l'«Ilot Rivoli», c'est-à-dire la partie qui jouxte la rue de Rivoli.

Une juxtaposition «dissonante»

Dans ce jugement, le tribunal administratif a estimé que la juxtaposition du nouveau bâtiment prévu par LVMH, plus particulièrement sa façade ondulante exclusivement réalisée en verre, et d'immeubles parisiens en pierre, «variés mais traditionnels», apparaissait «dissonante».

«Il ne ressort pas (...) des pièces du dossier que "les ondulations de la façade reproduisent le rythme des bâtiments de la rue de Rivoli" comme le soutiennent les auteurs du projet», ont considéré les juges administratifs. En juillet, le tribunal administratif de Paris, saisi en référé, avait rejeté le recours de l'association, qui s'était ensuite pourvue devant le Conseil d'Etat.

Le 5 mars, la plus haute juridiction administrative avait annulé l'ordonnance de juillet et renvoyé l'affaire devant le juge des référés du tribunal administratif de Paris, qui s'est prononcé en deux temps, le 11 avril et mardi.

Réouverture repoussée

Fermée depuis 2005, la Samaritaine fait l'objet d'une rénovation majeure, qui doit déboucher sur l'ouverture d'un nouvel espace comprenant des commerces, un hôtel de luxe Cheval Blanc, des bureaux, une centaine de logements sociaux et une crèche.

Initialement prévue en 2013, repoussée à 2014, puis 2015, la réouverture du lieu pourrait ne pas intervenir avant 2016 ou 2017. Le projet implique un investissement d'environ 460 millions d'euros et plus de 2.100 emplois.

Créée en 1870 par Ernest Cognacq, la Samaritaine était à l'origine une petite boutique, devenue, en quelques années seulement, le grand magasin le plus vaste de Paris. L'ensemble est inscrit aux monuments historiques depuis juillet 1990.