A l’école de la vie, l’échange est roi

TENDANCE Une School of life vient d’ouvrir à Paris et propose des cours du soirs pour trouver le job de se rêves ou garder l’amour…

Oihana Gabriel

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La nouvelle School of Life à Paris propose des cours du soir pour booster sa créativité ou réaliser son potentiel.
La nouvelle School of Life à Paris propose des cours du soir pour booster sa créativité ou réaliser son potentiel. — O. Gabriel / 20 Minutes

«Good ideas for everyday life» (de bonnes idées pour le quotidien). Au 28 rue Pétrelle, à Paris (9e), le slogan s’étale sur la devanture de la School of life. Ouverte depuis le 23 avril et gérée par le site mylittleparis.com, cette école propose des pistes pour les Parisiens encombrés de doutes. «L’école, c’est bien, mais on n’y apprend pas forcément tout ce qui sert dans la vie, résume Fanny Auger, directrice de cette école particulière. Ici, on ne propose pas des réponses toutes faites.» Mais plutôt des clefs pour susciter une réflexion collective.

Tarantino et les Tontons Flingueurs comme référence

Créé à Londres en 2008 sous l’impulsion de l’écrivain suisse Alain De Botton, cette académie du mieux vivre a depuis fait des petits, à Rio, Melbourne et Amsterdam. Et veut se démarquer du coaching, en mettant l’accent sur le débat et la culture générale: Tintin, Archimède, Platon et Tarantino… «On adapte les références, par exemple pour mon cours sur la conversation, j’ai remplacé les Monty Python par les Tontons Flingueurs», souligne Fanny.

Certains n’accrochent pas: «vous êtes un peu des frimeurs!», critiquent les grands-mères qui habitent la rue. «Pour prendre soin de soi on peut aller au cinéma, au restaurant ou prendre deux heures pour réfléchir ensemble, argumente Fanny. Avant, on se réunissait à l’église…» D’ailleurs à Londres une fois par mois, la School of life originelle organise des «sermons», soit une conférence devant 200 personnes.

Quelques bouquins en devanture esquissent les grandes interrogations qui fusent chaque soir dans ce petit local à la décoration cosy. «Comment être un meilleur ami?», «Comment faire durer l’amour?» «Comment booster sa créativité?», à chaque soir, son thème. Mais aucun doute, c’est la vie professionnelle qui passionne. «Le cours sur trouver le job de ses rêves est parti en trois jours, avoue Fanny Auger. Je reçois des mails désespérés!»

Ce mardi à 19h, les participants arrivent au compte-gouttes, généralement seuls, et partagent une part de quiche ou un verre de blanc, pour briser la glace. Chacun plonge alors dans l’intimité des autres, sans se connaître. «Un inconnu voit souvent des choses et ose des conseils différents de nos proches», remarque Stéphane Degonde, l’animateur, qui va encourager la trentaine d’étudiants à réaliser leur potentiel.

Les conseils d’inconnus

«Le potentiel, c’est comme le trac, il est en nous, on le masque et souvent nous finissons par l’oublier.» Stéphane commence sa leçon par une question simple: que répondre quand on vous demande ce que vous faites dans la vie? «Quand je dis que je chante des chansons sur mon vélo, les gens ne me parlent plus», s’amuse une participante. Débutent alors des échanges sur comment on se définit, nos priorités, nos souvenirs heureux… Stéphane projette des vidéos de courageux partis faire le tour du monde et une définition du potentiel par Jacques Brel.

«Dans mon entourage tout le monde réussit, c’est plus facile de parler avec des inconnus de mon parcours, explique Caroline, 29 ans. Il y a tellement de livres sur le coaching que je ne saurais pas lequel choisir. Et j’ai besoin d’interaction et de cet aspect ludique pour amorcer une réflexion. Je pense que c’est un bon compromis entre la découverte de soi-même et la réflexion collective.» A 22h10, on range les dessins, on note les références inspirantes et on repart sous la pluie. Avec, si ce n’est des décisions, beaucoup de questions.