Grève dans les établissements sportifs: «Le mouvement pourrait encore s'étendre»

SOCIAL Les agents de la Direction de la Jeunesse et des Sports de la ville réclament 180 euros de prime par dimanche travaillé...

Mathieu Gruel

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Des grévistes de l'intersyndicale CGT, FO, Sud et Supap, devant la piscine Armand Massard (15e), qui avait fermée ses portes ce dimanche 11 mai en raison d'un mouvement social.
Des grévistes de l'intersyndicale CGT, FO, Sud et Supap, devant la piscine Armand Massard (15e), qui avait fermée ses portes ce dimanche 11 mai en raison d'un mouvement social. — M.Gruel / 20 Minutes

«C’est fermé?» Ils sont nombreux à se casser le nez, ce dimanche matin, devant les portes closes de la piscine Armand Massard (15e). Et tous ne le prennent pas forcément avec le sourire. «Vous ne pourriez pas faire ça un autre jour?», se désole une nageuse frustrée. «Le dimanche c’est le seul moment où on peut venir».

Sauf que, tous les dimanches depuis le 2 mars, un mouvement de grève touche les 450 équipements sportifs de la ville de Paris. Stades, gymnases, piscines… «L’idée est d’avoir un maximum de sites fermés», détaille un gréviste. Côté piscine, sur les 38 que compte la ville, 17 avaient tiré le rideau ce matin. Alors forcément, «un très large public est privé de ses activités sportives dominicales», reconnaissaient les grévistes. «C’est donc logique que certains râlent. On se met à leur place.»

«Disparité de traitements»

Soutenu par une intersyndicale CGT, FO, Sud et Supap, leur mouvement vise à obtenir, pour les agents de la Direction de la Jeunesse et des Sports impactés, une prime de 180 € par dimanche travaillé.

Car les grévistes présents ce matin devant l’établissement pointent «une disparité de traitement entre les 8.500 agents des différents services de la ville». Ainsi, ceux des parcs et jardins toucheraient une prime de 243 € par dimanche travaillé, quand ceux des médiathèques ne percevraient que 100 € pour 5 heures de travail. Et à la direction de la Jeunesse et des sports, «on ne touche que 44 € de prime, mais pour 10 heures de présence».

Face à cette «inéquité», et pour exprimer leurs revendications, les grévistes attendent maintenant d’être reçus par la DRH de la ville. «On nous avait promis un rendez-vous en avril, mais depuis, c’est le silence radio».

Grève reconduite

Contactée par 20 Minutes, la Mairie de Paris assure qu’Anne Hidalgo a reçu l’ensemble des syndicats, lors de la première semaine de son mandat et que «le travail du dimanche y a été abordé». «Consciente du problème», la mairie dit vouloir apporter une «réponse globale pour une meilleure harmonisation de l'indemnisation des agents». Une réponse qui pourrait se dessiner à partir de juin, dans le cadre de l’ouverture de l’agenda social, sans que l’enveloppe budgétaire nécessaire n’ait été chiffrée, précise-t-on du coté de la municipalité.

Quant aux grévistes, ils avancent le chiffre de 13 millions d’euros, qui permettrait selon eux de financer leur demande. Méfiants quant à l'«harmonisation» promise par Anne Hidalgo, «qui pourrait se faire sur la fourchette basse», ils préviennent: «Le mouvement pourrait encore s’étendre.»

Un éventuel blocage, pendant les épreuves du baccalauréat, pourrait ainsi être discuté lors de la prochaine assemblée générale du 30 mai. Mais «on n’est pas des voyous», assurent-ils: «On veut juste être entendus.» En attendant, la grève est d’ores et déjà reconduite pour le 18 mai.

S'ils soutiennent le mouvement des agents de la Direction de la Jeunesse et des Sports, ceux de la Direction des Parcs Jardins et Espaces Verts ont tenu à préciser à 20 Minutes qu'ils ne touchaient pas 243 € par dimanche travaillé. «Une prime d'environ 900 euros est versée au bout de dix dimanches travaillés. A partir du 11e, on touche ensuite 43 euros par dimanche travaillé. A la fin de l'année, les compteurs sont remis à zéro», a détaillé l'un de ces agents à 20 Minutes.