A Paris, les burgers sont toujours les kings

CONSOMMATION Alors qu’un restaurant organise, ce lundi, un concours du plus gros mangeur de burgers…

Mathieu Gruel

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En 2013, un restaurant de Boulogne-Billancourt, lançait un "Zlatan burger", avec une steak de 600 grammes.
En 2013, un restaurant de Boulogne-Billancourt, lançait un "Zlatan burger", avec une steak de 600 grammes. — REVELLI-BEAUMONT/SIPA

Challengé par le bagel, talonné par le sandwich… Le burger reste pourtant indétrônable dans les assiettes parisiennes. «En deux ans, le nombre d’établissements parisiens qui proposent ce produit a triplé», rapporte Bernard Boutboul, directeur général de Gira conseil et spécialiste du secteur.

Sur Paris, plus de 400 établissements le proposeraient sur leur carte, souvent comme produit d’appel, indique Alain Fontaine, président des maîtres restaurateurs au syndicat Synhorcat. Et d’après ce professionnel, qui le décline dans son établissement, Le Mesturet (2e), en une version canard burger, «le phénomène ne va pas s’arrêter là». Des food trucks aux grands hôtels, les burgers devraient donc continuer à envahir Paris.

Burgers de concours

Pour fêter son premier anniversaire, le restaurant Moses (11e) organise même, ce lundi, le premier concours parisien du plus grand mangeur de burgers. Une soixantaine de pré-inscriptions ont été enregistrées pour cette manifestation, qui reste toutefois marginale, remarque Julien Lacheray. Pour le créateur du blog Paris-Burger, la tendance observée dans de nombreux établissements serait plutôt de proposer des concours de créations de burgers.

Ayant lui-même flairé, dès 2010, l’intérêt des parisiens pour le burger, le jeune homme a lancé son site dédié au fameux sandwich en 2013. Avec son équipe, ils arpentent depuis la capitale, pour tester les différentes versions proposées et leur attribuer ensuite des notes. Pour l’instant, plus de 130 burgers sont déjà passés au banc d’essai, venant nourrir un portail Internet que consultent chaque jour plus de 1.000 visiteurs uniques. «Majoritairement des Parisiens», détaille le blogueur.

Fans de pain

D’après lui, l’une des explications du succès de ce produit serait à chercher du côté de la tradition française. «On adore s’asseoir pour manger. Le burger répond à cette habitude, alors qu’on dégustera plus volontiers un bagel sur le pouce», explique-t-il.

Bernard Boudboul est encore plus direct. «Les Français, dès qu’on leur met un bout de viande entre deux tranches de pain, ça leur plaît», sourit-il. «On est fans de pain!» insiste-t-il. Ainsi, alors qu'«en 2007, un burger était vendu pour sept sandwichs», le rapport n'est plus que d'un burger pour deux sandwichs en 2013,rappelle le directeur général de Gira conseil.

Mauvaises surprises

Dans le détail, 970 millions de burgers ont ainsi été vendus en France l’an passé, dans un marché du sandwich en pleine croissance, en volume et en valeur, avec 2,144 milliards d’unités consommées et un chiffre d’affaires de 7,27 milliards d’euros. Et puis, «le burger est un plat chaud», ajoute Bernard Boutboul. C’est aussi pour ça qu’«il continue de plaire aux consommateurs parisiens, qui sont devenus fans du burger haut de gamme», ajoute-il.

Les deux tendances en la matière, celle du «Gourmet burger» et du «better burger» -c’est à dire un produit meilleur que celui proposé dans les fast-foods répondraient d’ailleurs à cette demande croissante. Mais Julien Lacheray pointe tout de même la problématique des burgers de brasserie. «Ça part hyper facilement et c’est peu coûteux à produire», mais parfois on peut avoir «de mauvaises surprises», reconnait-il. Pour l’instant, pas de quoi faire vaciller le roi des sandwichs de son trône.