Le Royal Monceau, palace « K.-O. » en attente de travaux

RENOVATION Sur le sol en marbre, dans les fauteuils du palace, femmes de chambre et maîtres d'hôtel attendent. Mais pas après le client : il n'y en a plus depuis le 18 janvier. Ils sont venus chercher leur chèque et leur bulletin de paie. Depuis le début de la...

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Sur le sol en marbre, dans les fauteuils du palace, femmes de chambre et maîtres d'hôtel attendent. Mais pas après le client : il n'y en a plus depuis le 18 janvier. Ils sont venus chercher leur chèque et leur bulletin de paie. Depuis le début de la semaine, les 280 salariés du palace de l'avenue Hoche (8e) exercent leur « droit de retrait » : ils refusent de travailler au nom « d'un danger grave et imminent ». Hier, le comité d'entreprise a mandaté un cabinet d'experts qui devra préciser l'ampleur de ce danger. Et le tribunal de commerce de Paris a désigné un mandataire judiciaire chargé de surveiller le fonctionnement de l'hôtel, qui perd 15 à 20 millions d'euros par an depuis dix ans. Il devra présenter son premier rapport le 28 février et « évaluer les “perspectives de développement et d'exploitation” pour l'année 2007 ».

« Tout est K.-O. ici », déplore un maître d'hôtel, qui se remémore « un début d'incendie l'an dernier ». Effectivement, le sous-sol, où travaillaient les deux tiers du personnel, est vétuste. Et plusieurs rapports commandés par la direction dénoncent de lourds problèmes de sécurité incendie. « Il faut 10 millions d'euros pour sécuriser les parties communes », explique le directeur technique, « et 15 à 25 millions pour remettre l'hôtel au standard des palaces », ajoute le directeur général. Le groupe Hoche Financement, qui souhaite mener à bien ces travaux « d'ici à fin juin », a remporté hier une manche dans la bataille qui l'oppose à l'ex-propriétaire, l'homme d'affaires syrien Osmane Aïdi. Ce dernier, qui a cédé ses titres en novembre 2005 mais refuse toujours de reconnaître la propriété de Hoche Financement, ne peut plus empêcher désormais les travaux de commencer.

Sophie Caillat