Les taxis, hors course pour la qualité

©2006 20 minutes

— 

 
  — no credit

« Ce n'est pas la catastrophe, mais il faut absolument améliorer les choses. » Henriette Zoughebi, présidente du comité régional du tourisme (CRT) Paris Ile-de-France, présentait samedi une étude de qualité menée auprès de trois cents taxis franciliens. Et son bilan est mitigé. Sourire trop rare, faible niveau d'anglais, temps d'attente trop long aux heures de pointe... Les chauffeurs ont des progrès à faire, selon les « visiteurs mystères » qui les ont évalués.

« L'accueil, c'est-à-dire la base, comme le bonjour, la prise en charge des bagages, le fait de ne pas engager la conversation si le client ne le désire pas, est respecté dans neuf cas sur dix. Mais le sourire manque souvent, le chauffeur téléphone en roulant, et il ne peut pas répondre en anglais correctement dans plus de 50 % des cas », constate Henriette Zoughebi. Une brochure bilingue devrait être bientôt mise à la disposition des clients à bord des voitures pour remédier à ces lacunes, mais « ce ne sera pas suffisant » pour le CRT, qui envisage de proposer des formations aux chauffeurs volontaires.

Les enquêteurs ont également remarqué que la qualité de l'accueil est différente selon le type de course demandée. Pour Roissy-Paris, aucun problème. « Ça se passe dans de bonnes conditions, le chauffeur est content car c'est une course importante, à 45 euros ». Idem pour les courses dans Paris intra-muros, où le chauffeur retrouvera facilement un client. Mais les choses se corsent pour aller de Roissy à Villepinte (Seine-Saint-Denis), ou de Paris en petite couronne. « Il y a une baisse notable de l'amabilité du chauffeur, qui empoche peu et risque de rentrer à vide », rapporte le CRT, qui souhaite « une égalité de traitement quel que soit le trajet ». Le comité a également remarqué que la qualité de service dans Paris intra-muros s'était quelque peu dégradée depuis l'étude qu'il avait menée il y a un an.

Dernier point noir : la plupart des taxis n'acceptent que le cash, et ils ne l'indiquent jamais dans l'habitacle. Les chèques sont refusés dans six voitures sur dix, et moins d'une voiture sur dix précise si elle accepte le paiement par carte bancaire.

Magali Gruet

La Fédération nationale des artisans du taxi assure que Paris a « la densité de taxis la plus importante d'Europe » mais qu'ils connaissent des problèmes de « circulation » et de « situation des stations ».