Paris: Le lycée accusé de dérives intégristes sera soumis à une inspection

EDUCATION En début de semaine, des élèves et enseignants ont dénoncé des dérives intégristes dans le groupe scolaire Gerson, notamment pendant les cours de catéchèse...

20 Minutes avec AFP

— 

Le lycée catholique Gerson est situé dans le 16e arrondissement de Paris.
Le lycée catholique Gerson est situé dans le 16e arrondissement de Paris. — A. Gelebart

Un établissement catholique privé parisien, accusé de dérives intégristes, sera soumis à une inspection, réclamée par le ministre de l'Education nationale Benoît Hamon, a-t-on appris mardi auprès du ministère. «Une mission d'inspection générale a été diligentée par le ministre, qui aura pour objet de faire toute la lumière sur l'affaire», a déclaré à l'AFP le ministère de l'Education nationale.

Lundi, des élèves et enseignants ont dénoncé des dérives intégristes dans le groupe scolaire Gerson situé dans un quartier huppé de la capitale, notamment pendant les cours de catéchèse. Des représentants de l'association Alliance Vita, proche de la Manif pour tous, auraient qualifié de «semi-meurtrières» les jeunes filles ayant recours à la pilule du lendemain et assimilé l'avortement à un «homicide volontaire» pendant une intervention en classe sur la contraception, selon des élèves.

«Faire de cette école un établissement Opus Dei»

L'association Alliance Vita créée par Christine Boutin, a démenti avoir tenu ces propos, dénonçant «le mensonge, la calomnie et le procédé lâche visant à salir son image et à jeter le discrédit sur son travail». Selon le syndicat de l'enseignement privé catholique, FEP-CFDT, plusieurs professeurs se sont également plaints de harcèlement, une vingtaine ayant demandé leur mutation.

«Clairement, on veut faire de cette école un établissement Opus Dei et faire partir ceux qui s'y opposeraient», selon Valérie Ginet, secrétaire générale de la FEP-CFDT. «On ne veut pas d'enfants non baptisés, ni d'enfants issus de familles recomposées, de parents séparés ou de familles monoparentales, ni de juifs», a-t-elle ajouté. L'Opus Dei a volontiers reconnu que deux enseignants employés dans l'établissement faisaient partie de leur communauté, «mais cela n'a aucune incidence sur leur activité professionnelle».

Des propos pas adaptés

«Ce type d'engagement privé n'interfère pas en quoi que ce soit dans le projet éducatif et dans l'enseignement dispensé dans notre établissement», a confirmé le chef d'établissement, Philippe Person. L'établissement privé sous contrat avec l'Etat, rassemble une école primaire, un collège et un lycée.

Selon le ministère, l'inspection devra aussi déterminer «dans quelle mesure ce qui relève de l'éducation nationale dans le respect du contrat souscrit avec l'Etat (...) est respecté». La direction diocésaine de l'enseignement catholique a admis que «des propos pas adaptés» avaient été employés, «de là à dire que l'Opus Dei a la mainmise sur l'établissement, il n'y a aucune raison», a estimé Jean-François Canteneur, adjoint au directeur diocésain de Paris.