Des mesures révèlent une radioactivité 10 à 20 fois supérieure au niveau naturel à la normal sur un point du Fort de Vaujours

NUCLEAIRE Ce site entre la Seine-et-Marne et la Seine-Saint-Denis est au cœur des inquiétudes des riverains...

20 Minutes avec AFP

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Illustration du fort de Vaujours, au nord de la Seine-Saint-Denis.
Illustration du fort de Vaujours, au nord de la Seine-Saint-Denis. — Christophe Nédélec

Des mesures de radioactivité réalisées au Fort de Vaujours, en banlieue parisienne, ont mis en évidence, sur un point d'un bâtiment, «un niveau de rayonnement 10 à 20 fois supérieur au niveau naturel», a indiqué l'ASN. L'Autorité de Sûreté nucléaire souligne cependant, dans une note d'information mise en ligne mardi, «les limites» des mesures «ponctuelles» de radioactivité réalisées le 25 février. Elle estime qu'elles «ne peuvent pas être considérées comme représentatives de l'ensemble du site».

Un site où ont eu lieu des manipulations d'uranium

Le Fort de Vaujours, à cheval sur la Seine-et-Marne et la Seine-Saint-Denis, a un long passé militaire et nucléaire. Il a servi de site de stockage de munitions pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a ensuite été exploité par la poudrerie nationale de Sevran, puis occupé par le centre d'études sur les poudres et explosifs du Commissariat à l'énergie atomique (CEA). Des tests de détonateurs de bombes factices et des manipulations d'uranium y ont été réalisés. Le CEA a fermé ce centre en 1997. L'avenir de cette friche de 45 hectares inquiète depuis des années riverains et élus écologistes.

Une partie du site a été rachetée en 2010 par la société Placoplatre, filiale du groupe Saint-Gobain, qui voudrait exploiter des bancs de gypse, matière première pour fabriquer du plâtre, situés sous le fort. L'ASN a été sollicitée en février dernier par la préfecture de Seine-et-Marne pour faire réaliser des mesures de radioactivité. Des mesures comparatives ont ainsi été réalisées le 25 février en trois points d'une casemate, par différents organismes, dont l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) et la CRIIRAD (Commission de Recherche et d'Information indépendante sur la Radioactivité).

Des mesures pas représentatives de l'ensemble du site

Ces mesures «sont globalement cohérentes», selon l'ASN. Elles «ont montré la présence d'une radioactivité ajoutée à la radioactivité naturelle en deux points» : d'environ 10 à 20 fois supérieure au niveau attendu sur un premier point et d'environ deux fois le niveau attendu sur le second point. En ce qui concerne le premier point, un fragment s'est détaché de la paroi au cours des mesures. Son analyse a «mis en évidence la présence d'uranium témoignant vraisemblablement des activités passées du fort», selon l'ASN.

L'Autorité de Sûreté nucléaire souligne cependant que «ces mesures restent limitées à un bâtiment spécifique et ne peuvent pas être considérées comme représentatives de l'ensemble du site». Elle estime également qu'elles ne sont pas «représentatives de l'exposition externe du corps entier aux rayonnements ionisants que pourrait subir un travailleur sur le site». «Au regard des incertitudes subsistant quant à l'état radiologique du site, conclut l'ASN, il appartient à Placoplatre de mettre en oeuvre les mesures adaptées pour assurer la radioprotection des travailleurs et de l'environnement au cours des opérations de démolition prévues».

L'ASN précise qu'elle rendra un avis «sur les modalités proposées» par la société.

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