Les câblés de Noos sont sous tension

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Le nouveau serveur de Noos, installé à Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne), viendra-t-il à la rescousse de ses clients à bout de nerfs ? Depuis hier et jusqu'à dimanche, Noos, racheté par Numericable cet été, rapatrie en Seine-et-Marne ses serveurs situés en Hollande et en Autriche chez UPC, son ancien actionnaire. Eric Denoyer – ex-Numericable chargé d'améliorer le service clients après cette fusion – espère ainsi avoir son système « sous contrôle » et promet « de nouveaux logiciels, plus efficaces pour résoudre les problèmes » (lire aussi ci-dessous).

Et il y a urgence, à voir le fonctionnement des boutiques Noos de la capitale. Dans celle de l'avenue Secrétan (19e), mardi matin, les clients étaient une quarantaine, sous la neige à 10 h, à attendre l'ouverture. Les premiers sont arrivés à 8 h 45, mais ils ont vite déchanté. « Nous avons une panne informatique, nous ne pourrons traiter les demandes que par écrit... Mais prenez toujours un ticket, même si ça ne sert pas à grand-chose », leur lance le commercial, désabusé, en guise d'accueil. « Même chez eux ça ne fonctionne pas ! », hallucine un client qui n'a plus de connexion à Internet depuis trois semaines.

Un vigile est désormais posté à l'entrée de la boutique, pour empêcher les débordements. Seuls huit clients sont admis à l'intérieur à la fois. Gérard est « venu voir » ce que proposait Noos, après avoir fait le tour « de toutes les offres ADSL ». « Mais vu l'ambiance qui règne ici, c'est tout vu », a-t-il ajouté. Erreurs de facturation, coupures de téléphone depuis plusieurs semaines, résiliations à la chaîne. Chacun expose son cas. Nombre de clients sont venus rendre leur modem. « Ce n'est pas ici, c'est rue de Belleville », leur répond un commercial. « Mais votre service clients m'a dit de venir ici », lui rétorque une dame qui attend depuis une heure. « Je sais, il y a un manque d'information évident entre nous. On n'arrête pas de leur dire, mais ça ne rentre pas. »

La clarté ne semble pas être le fort de Noos. Selon le site Internet, par exemple, cette boutique est ouverte de 10 h à 19 h, « sans interruption ». Sur la vitrine, un écriteau indique qu'elle ouvre « de 10 h à 12 h et de 14 h à 16 h ». Le panneau est surmonté d'une autre feuille, qui annonce une « fermeture à 15 h ». « Ils ne sont même pas logiques avec eux-mêmes », soupire une jeune fille.

Magali Gruet