Trois retraités bourguignons, heureux propriétaires du Fouquet's

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Lina Renault, 73 ans, va pouvoir offrir à ses enfants « la vie heureuse qu'elle n'a pas eue ». Après quarante-sept ans de bagarre judiciaire, cette modeste retraitée de Côte-d'Or vient de se voir reconnaître, avec ses deux frères, la propriété de l'immeuble du Fouquet's, sur les Champs-Elysées (8e). Une attestation a été publiée le 8 décembre par le bureau des hypothèques, a-t-on appris hier. Elle vient confirmer plusieurs décisions de justice en faveur de Lina Renault. Elle est toutefois contestée par la Société des restaurants du Café de Paris, qui se dit propriétaire et entame un procès.

Désormais, les Renault vont pouvoir vendre leur bien et « changer de vie ». Une promesse de vente avait été signée en juillet, pour un montant de 70 millions d'euros. Selon Jean-Yves Sellier, agent immobilier, conseil de la famille Renault, la vente définitive du bien « devrait avoir lieu le 31 mars. L'acquéreur, un groupe de grandes fortunes européennes, est au courant du litige et ne devrait pas se désister. »

Depuis le décès de sa mère, en 1958, Lina Renault n'a cessé de rassembler les documents pour faire reconnaître cette succession. Elle a hérité du bien via la comtesse Octavie de Coëtlogon, décédée en 1865 sans enfants. La comtesse n'était autre que la cousine de l'oncle de l'arrière-grand-père des Renault. Or depuis 1930, la Société des restaurants du Café de Paris était le propriétaire sans titre de l'immeuble. « Ils n'ont rien payé pour ce bien, explique Jean-Yves Sellier. C'était un montage scabreux fondé sur un faux titre. »

Sophie Caillat