Les Don Quichotte peinent à démonter le campement

©2006 20 minutes

— 

« D'ici à la fin de la semaine, il ne restera plus qu'une trentaine de tentes » parmi les deux cent soixante-neuf recensées sur le campement des Enfants de Don Quichotte, au bord du canal Saint-Martin (10e). C'est le « défi » que s'est publiquement lancé hier la Fnars (Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale), chargée de trouver des solutions d'hébergement pour ces SDF. Les travailleurs sociaux sont en effet confrontés à « un noyau dur de gens qui sont à la rue depuis très longtemps » et ont, pour une partie, « la trouille de quitter ce campement chaleureux ».

Hier, la Ddass comptait encore cent vingt-deux tentes. Si la moitié des campeurs ont eu une promesse de solution, « dans l'immédiat, on propose aux gens d'aller à l'hôtel pour deux mois au maximum », expliquait la Fnars. Quarante-quatre personnes se sont ainsi vu proposer un logement social, vingt-quatre une chambre individuelle en résidence sociale et quarante-cinq un hébergement d'urgence. Les trois quarts des SDF ont accepté la solution proposée, mais une autre partie rechigne à replier la tente. « L'hôtel, c'est un moyen de nous disperser », s'énerve Ali, qui promet de camper « jusqu'à une solution définitive », malgré le froid. « Deux mois, ça permet d'attendre jusqu'aux élections, je crains d'être déçu », confie-t-il.

De plus, « le soir, des gens arrivent sur le campement pour demander un hébergement », a expliqué le président des Enfants de Don Quichotte, Jean-Baptiste Legrand. Avant de s'en aller demander au ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, « une solution pour que le processus mis en place au canal Saint-Martin soit proposé à tous les SDF ».

S. C.