L'agresseur du gynéco ira en prison

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Six mois ferme pour une gifle : le jugement du tribunal correctionnel de Paris peut paraître sévère. Mais la justice a voulu se montrer exemplaire : on ne touche pas au personnel de l'hôpital public et laïque.

Le 9 septembre, Fouad rejoint sa femme, qui vient d'accoucher à l'hôpital Robert-Debré (19e). Il est « inquiet » : son épouse est victime d'une hémorragie. Fouad estime alors « manquer d'explication ». A 23 h 30, il croise le gynécologue de garde, Jean-François Oury, qui lui propose de l'accompagner auprès de la jeune maman. « Il lui enlève alors la couverture, lui écarte les jambes et met sa main sur son ventre, dit Fouad. Je lui ai demandé de retirer ses mains, il ne l'a pas fait. Alors je lui ai dit de sortir. » Jean-François Oury précise : « Il m'a interdit de toucher à sa femme, me disant que dans sa religion, un homme ne s'occupe pas des femmes. » Le médecin s'énerve et explique que l'hôpital est laïque. « Il a continué de m'agresser pendant deux heures en pleine salle de travail. » Le ton monte. « Il a insulté ma famille, m'a poussé et donné une gifle », explique l'obstétricien. « Du bout des doigts, je l'ai poussé au visage », tempère Fouad.

Peu importe. Ce n'est pas tant la force du geste qui compte que sa portée. « L'hôpital public traite tout le monde de la même façon », plaide l'avocat de l'AP-HP. Fouad, confus, insiste sur « le manque de pudeur du médecin » et tente de minimiser l'aspect religieux de son geste. Etonnamment rejoint par l'avocat du gynécologue qui explique que « le prétexte religieux n'est ici que l'alibi d'un comportement violent ». Sans vouloir vraiment trancher, le tribunal a tenu à lourdement sanctionner.

M. H.

La procureure a insisté sur les quatre condamnations dont avait déjà été l'objet Fouad, dont deux pour violences. L'accusé devra par ailleurs verser 1 e symbolique à l'AP-HP et à l'ordre des médecins.