Anne Hidalgo réserve sa première sortie à Emmaüs Défi

MUNICIPALES Pour sa première sortie post-second tour, Anne Hidalgo est revenue ce matin là où sa campagne municipale a commencé: le bric-à-brac d’Emmaüs Défi… 

Fabrice Pouliquen

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Ce mardi matin, Anne Hidalgo a consacré sa première sortie post-élections à la visite du chantier d'insertion Emmaüs Défi.
Ce mardi matin, Anne Hidalgo a consacré sa première sortie post-élections à la visite du chantier d'insertion Emmaüs Défi. — Photo VIncent Wartner/20Minutes

Si elle sera intronisée maire de Paris samedi prochain seulement, Anne Hidalgo a d’ores et déjà débuté ses visites officielles. Sa première sortie, elle l’a réservée ce matin au bric-à-brac d’Emmaüs Défi, rue Piquet dans le 19e arrondissement. Là même où elle avait lancé sa campagne le 4 septembre 2012. «Je voulais absolument revenir dans ce lieu, lance-t-elle sur le perron. Nous avons repris plusieurs propositions d’Emmaüs Défi dans notre projet pour Paris. Je voulais rassurer aujourd’hui sur notre volonté de les mettre en œuvre.»

Plus qu’un bric-à-brac, un chantier d’insertion

Car Emmaüs Défi est plus qu’un bric-à-brac, a démontré Charles-Edouard Vincent, son fondateur, tout au long d’une visite d’une heure faite à Anne Hidalgo. C’est aussi un chantier d’insertion «qui emploie 35 permanents et 110 salariés en insertion, venus pour la plupart de la rue.» Comme Dominique, ex-sans domicile fixe trouvé par la Maraude dans le Bois de Vincennes, il y a quatre mois. «Je travaille deux après-midi par semaine pour l’instant. Ce n’est pas beaucoup, mais je retrouve confiance en moi», raconte-t-il après avoir croisé Anne Hidalgo.

Plus que la réinsertion par l’emploi, le bric-à-brac met aussi en place tout un ensemble de programmes aidant les Parisiens en grande précarité à retrouver pied dans la société. «Le programme convergence par exemple, raconte Stéphanie, en charge de ce dispositif à Emmaüs Défi. L’idée est de multiplier les partenariats avec les bailleurs sociaux et les acteurs de la santé et de l’emploi pour proposer un accompagnement sur-mesure à nos salariés en insertion.» Une convention a notamment été mise en place avec le bailleur social Efidis pour mettre à disposition dix à quinze logements sociaux par an pour les «grands exclus» passés par Emmaüs Défi.

«Ça file la pêche, non?»

Une action qui retiendra particulièrement l’attention d’Anne Hidalgo. «Cela file la pêche, non?», lance-t-elle à son équipe dans les allées du bric-à-brac. «Voilà ce que je suis venue chercher, ajoutera-t-elle plus tard. On est ici dans un vrai laboratoire d’idées, où l’on tente des choses qui marchent.»

Après le logement, Anne Hidalgo a fait de l’exclusion des personnes en grande précarité l’un des thèmes prioritaires de sa campagne. «Je veux que ça soit une grande cause parisienne, qui fédère tant les politiques, que la population et les associations, a-t-elle rappelé ce matin.

Tout de suite dans le vif du sujet

Anne Hidalgo aura d’autres causes parisiennes à gérer, des grandes comme des petites. Ce mardi matin, elle a été immédiatement mise dans le vif du sujet. Dès le perron en se faisant vivement interpeller par une habitante du 19e arrondissement, exaspérée de ne pas obtenir de rendez-vous avec son maire d’arrondissement. Anne Hidalgo a aussi été amenée à revenir sur les suspicions autour de Yamina Benguigui, qui aurait menti sur sa déclaration de patrimoine. «J’ai pris note de la décision de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique de saisir le procureur de Paris. Cette décision est suffisamment grave pour que je demande à Yamina Benguigui de démissionner de son poste de conseillère de Paris».

Quant à la nomination de Manuel Valls à Matignon, «je lui souhaite beaucoup de courage, a-t-elle lancé. Il a à mener une grande entreprise de redressement du pays en marchant sur les deux pieds: le pied économique et le pied social. Paris s’engage pleinement dans ce défi.»