Ali le mal-logé, SDF volontaire

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Ali n'est pas encore sur la liste. Les SDF-campeurs du canal Saint-Martin se pressaient hier dans les locaux de l'hôpital Saint-Louis (10e), aux entretiens avec les travailleurs sociaux. Un à un, ils se voient proposer une solution d'hébergement ou de logement. Certains partent pour visiter leur futur domicile, d'autres refusent d'emblée, et beaucoup doivent encore patienter.

« Ça fait des années que j'attends un logement, je peux encore attendre une semaine », commente Ali. « Si je devais être le dernier campeur, c'est pas grave, je resterais jusqu'au bout », explique calmement ce jeune homme de 32 ans. « On est en campagne électorale, alors ça va forcément se débloquer d'ici à mai », prophétise-t-il.

Arrivé des Comores avec la nationalité française et une formation de menuisier-ébéniste il y a quatre ans, Ali a rejoint Les Enfants de Don Quichotte le 29 décembre « pour devenir citoyen, parce que là, je suis transparent dans cette société ». Sa demande de logement social étant toujours sans réponse depuis plusieurs années, il s'est fait SDF volontaire « pour que ça bouge ».

Il n'a rencontré aucune difficulté pour trouver du travail dans le bâtiment, mais comme beaucoup, il bute sur le problème du logement. Après avoir dépensé une fortune durant un an et demi à l'hôtel, il est devenu squatteur. Avec sa femme et sa petite fille, il a investi un logement vide en banlieue parisienne. Chaque soir, il passe chercher des affaires « chez lui », puis rejoint la tente 53 A, au bord du canal Saint-Martin.

Sophie Caillat