Entrée du métro à Paris.
Entrée du métro à Paris. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

ENVIRONNEMENT

Pollution: La gratuité des transports est-elle réellement efficace?

La gratuité des transports publics en Île-de-France n'a pas changé grand chose, ce vendredi...

A pollution tenace, mesures inédites. Alors que la région parisienne connaît son neuvième jour d’épisode de pollution aux particules fines, et même son quatrième jour consécutif au-dessus du seuil d’alerte, les pouvoirs publics renforcent et élargissent depuis jeudi leurs dispositifs antipollution.

Lâcher sa voiture

Au-delà des limitations de vitesse et du renforcement des contrôles policiers, l’idée désormais est d’inciter les Parisiens à lâcher leurs voitures. Depuis jeudi, l’utilisation du Vélib’et de l’Autolib’est gratuite, dans la limite de la première demi-heure pour le premier et de la première heure pour le second. Ce vendredi matin, la gratuité a été étendue à l’ensemble des transports en commun franciliens. «Un dispositif qui coûte 4 millions d’euros par jour», indique-t-on au Syndicat des transports d’Île-de-France (Stif).

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Mais cette gratuité est-elle seulement efficace? Pour le Vélib’oui, visiblement. «Hier, premier jour de gratuité, nous avons enregistré une hausse de 75% sur les locations de courte durée (locations qui ne prennent pas en compte les abonnés, NDLR), indique la mairie de Paris. Nous avons même fait mieux aujourd’hui avec une hausse de 103,9% des locations, avec 5.744 tickets distribués.»

Toujours 200km de bouchon ce vendredi matin

En revanche, l’impact de la gratuité des métros, tram et RER est plus difficilement mesurable. «Puisqu’il n’y a plus de ticket à valider, nous n'avons aucun moyen de chiffrer la hausse de fréquentation», précise-t-on à la RATP.

Mais y a-t-il eu seulement une hausse? «Peut-être, mais alors elle est légère», observent les agents de la RATP à la station de métro Gare Saint-Lazare. A la station République, des contrôleurs parlent même «d’une journée plus calme que d’habitude.» Un constat que tend à confirmer le Centre régional d’information et de coordination routière (CRICR) de Créteil (Val-de-Marne) qui surveille l’état du trafic urbain en Île-de-France. «Il y avait 200km de bouchons cumulés sur la région à 9h ce vendredi matin, observe Marc Melain, opérateur au CRICR. On est tout à fait dans la moyenne pour une journée en semaine en Île-de-France.»

Des mesures inefficaces pour Christophe Najdovski

Pas étonnant à écouter Christophe Najdovski, candidat EELV à la mairie de Paris, qui organise une réunion publique place de la République à 18h30 ce vendredi soir au sujet de cette vague de pollution. «Seule, la gratuité des transports en commun ne peut pas être efficace, Il fallait la combiner avec une circulation alternée des voitures, qui permet un jour aux véhicules dont la plaque d’immatriculation termine par un chiffre pair de circuler et inversement le jour suivant.»

Même constat d’échec pour l’Association des usagers de transports d’île-de-France. Plutôt que des mesures d’urgence, l’association prône des solutions pérennes pour lutter contre la pollution de l’air. «Instituer un péage urbain à l’entrée de Paris, comme le font Londres ou Milan par exemple ou encore instituer la limitation en ville à 30km/h comme règle générale», indique l’association dans un communiqué.

Du mieux ce week-end?

Qu’on se rassure, Airparif, association de surveillance de la qualité de l’air en Île-de-France, s’attend à un léger mieux dans le ciel parisien ce week-end. «Nous devrions déjà quitter le seuil d’alerte de pollutions aux particules ce week-end pour revenir à un seuil d’information», indique Géraldine Le Nir, ingénieur à Airparif. Cette amélioration n’est pas tant due aux mesures antipollution, mais «surtout au vent qui devrait se lever ces prochains jours et chasser les particules.»