Des LED pour éclairer les voûtes de Notre-Dame de Paris

ENERGIE L’éclairage de la cathédrale a été revu pour consommer moins d’énergie et mettre en valeur l’architecture…

Audrey Chauvet

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Eclairage intérieur de Notre-Dame de Paris, le 11 mars 2014.
Eclairage intérieur de Notre-Dame de Paris, le 11 mars 2014. — A.Chauvet/20minutes

Et la lumière fut: 400 luminaires entièrement composés de diodes électroluminescentes (LED) éclairent les voûtes, les statues, les rosaces et les allées de Notre-Dame de Paris. Depuis son 850e anniversaire, la cathédrale se révèle sous un nouveau jour aux yeux des quelque 14 millions de visiteurs annuels et des fidèles: oubliée la pénombre gothique, les LED mettent en valeur l’architecture du monument tout en permettant de substantielles économies d’énergie.

La consommation d’énergie divisée par 4,5

«Nous sommes passés de 140 kilowatts-heure installés à 30, soit une division par 4,5 de la consommation d’énergie, chiffre Christophe Bresson, directeur de la communication chez Philips, à qui a été confiée la réalisation de l’éclairage. Cela représente une économie d’environ 50.000 euros par an pour le diocèse.» Allumée tous les jours de 9h à 20h et souvent plus tard lorsqu’elle accueille des concerts, Notre-Dame était une grosse consommatrice d’ampoules: «Les vingt ampoules de chacun des treize lustres de la nef devaient être changées quatre à cinq fois par an. Les LED ne seront changées que tous les cinq ans environ», explique Armand Zadikian, concepteur lumière du projet, qui a choisi les diodes électroluminescentes pour leur durée de vie, leur faible besoin d’entretien, le fait qu’elles ne chauffent pas et n’abîment pas les pierres historiques. «Le seul entretien nécessaire, c’est la poussière qu’il faut enlever pour ne pas perdre en intensité lumineuse», précise Armand Zadikian.

Discrètement installées dans le triforium, sur les bas-côtés de la nef, les réglettes de LED éclairent les clés de voûte et donnent du relief à la cathédrale en sortant les étages de l’obscurité. «Les diodes de trois couleurs, blanc, ambre et bleu, sont pilotées grâce à un écran tactile pour permettre des changements d’ambiance, explique Christophe Bresson. On peut choisir entre les programmes "messe", "concert", "visite"…». Les prêtres et les régisseurs peuvent commander d’un doigt toutes les illuminations de la cathédrale «selon les besoins liturgiques»: «On reste en général entre 50 et 70% de la puissance totale, estime Laurent Prades, régisseur de Notre-Dame. On ne monte à 80% qu’en cas de grande cérémonie, comme Noël ou Pâques.» Une résurrection pour la cathédrale parisienne dans laquelle ont lieu 2.000 célébrations chaque année.