La nature prend racine dans la capitale

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En 2007, Paris se met au vert. Onze hectares de jardins seront inaugurés d'ici à la fin de la mandature. Les deux grandes réalisations de l'équipe Delanoë, le parc Clichy-Batignolles (17e) et les jardins d'Eole sur la Cour du Maroc (18e), seront livrées au printemps. Ces projets phares ont pris place sur des emprises ferroviaires, les dernières réelles opportunités foncières de la capitale. A eux deux, ils représentent la surface du parc Monceau (17e) et quelque 28 millions d'euros. La Ville essaie aussi de récupérer des concessions, notamment dans le bois de Boulogne, pour les « rendre » au public. Ainsi le terrain du Tir à l'Arc, qui rouvrira après le transfert de l'association des archers.

Pour le reste, c'est une myriade de microjardins de proximité qui germent dans les quartiers. « Certains jugent cela superflu, mais à l'heure où l'on se préoccupe de dérèglement climatique, ces jardins sont des respirations indispensables dans la ville », se défend Yves Contassot, l'adjoint (Verts) au maire de Paris en charge des Espaces verts. Chaque fois qu'une parcelle se libère, c'est un arbitrage délicat pour la Ville, qui doit faire face aux multiples demandes des habitants, notamment en termes de logements sociaux et d'équipements. Yves Contassot obtient visiblement satisfaction auprès du maire, puisque 32 hectares de jardins seront finalement livrés aux Parisiens sur toute la mandature, contre 30 initialement annoncés. Parmi ces 32 hectares, 22 sont des créations pures et 10 des récupérations de terrains jusque-là fermés au public, comme certains tronçons de la Petite Ceinture. Là, pas de plantations, mais de nouveaux lieux de promenade, à la faune et à la flore particulièrement riches, qui conserveront leur aspect de friche. Mais trop d'affluence risquerait de dégrader cette fragile nature.

Pour la candidate UMP à la Mairie de Paris, Françoise de Panafieu, « l'augmentation de la superficie se fait à effectifs constants, ce qui fait grogner le personnel des parcs et jardins ». Pourtant, avec près de 100 000 nouveaux arbres plantés dans la capitale d'ici à la fin de la mandature, Yves Contassot estime avoir engagé « une révolution verte tranquille ».

Sophie Caillat