Alain Demangeon : «Le grand loupé, c'est les Halles»

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Alain Demangeon, architecte et géographe, créateur de l'Atelier d'environnement Thalès.

Paris est-elle une capitale reconnue en matière d'espaces verts ?

Elle l'est redevenue dans les années 1980. Avec la libération des emprises Citroën a commencé une vaste réflexion sur le sujet. Elle a débouché sur la création des jardins Citroën, de la Villette, de Bercy. Et il y a eu la récupération de la ligne de chemin de fer de Bercy, devenue la coulée verte...

Vous la considérez comme un vrai jardin ?

C'est très original d'avoir transformé cette ligne de quatre kilomètres de long sur huit mètres de large en un jardin linéaire. Les Américains l'apprécient beaucoup.

Depuis, les réalisations parisiennes sont moins originales, non ?

Il manque quand même du foncier pour de grands projets. Yves Contassot a toutefois réussi des choses intéressantes en important le modèle des microjardins de New York, comme le jardin Aligresse (12e) ou le jardin nomade près de Trousseau (11e). A côté, je trouve que le jardin des Batignolles (17e) n'est pas très original. Et le grand loupé, c'est les Halles. Le projet de jardin est inintéressant. Le centre de Paris méritait mieux que cela.

Recueilli par M. B.

A lire : Jardins en ville, d'Ann C. Werquin et Alain Demangeon. Dominique Carré éditeur, 32 e.