Les barbiers parisiens reprennent du poil de la bête

STYLE Moribonds il y a encore quelques années, ils seraient une quinzaine dans la capitale aujourd’hui…

Mathieu Gruel

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Laurent, le barbier des Faubourgs, s'occupe de la barbe du chanteur de Dionysos Mathias Malzieu, lors de la 7e édition du Paris Jazz Roots Dance Festival à La Bellevilloise, en avril 2013.
Laurent, le barbier des Faubourgs, s'occupe de la barbe du chanteur de Dionysos Mathias Malzieu, lors de la 7e édition du Paris Jazz Roots Dance Festival à La Bellevilloise, en avril 2013. — REVELLI-BEAUMONT/SIPA/1304101717

Les barbiers repoussent à Paris. Comme le poil, qui fait son retour sur les joues et les mentons de la gent masculine. «Depuis deux ou trois ans, le poil est réhabilité», note Laurent. Barbier depuis dix ans, il a ouvert son salon Le Barbier des Faubourgs, dans le 18e, il y a un an et demi.

>> «20 Minutes a testé le barbier», la vidéo à voir par ici

Comme lui, ils seraient une quinzaine de professionnels du coupe-choux à avoir ouvert leur boutique. «Avant, ça n’existait plus», explique-t-il. Les causes? «Le rasoir jetable, mais aussi la peur d’attraper le VIH en se coupant», souligne le barbier.

C’était compter sans l’avènement des hipsters et la mode du vintage, qui ont fini de sceller leur come-back. En parallèle, les mentalités ont évolué. «Moi qui bosse dans la finance à la Défense, c’est de mieux en mieux accepté», explique Ben, trentenaire à la barbe fleurie. «J’étais le premier, mais maintenant, même le pdg de la boîte en a une».

Après une première visite chez le barbier, il y a quelques semaines, le jeune barbu a déjà prévu d’y retourner dans les prochains jours. «Honnêtement, je ne suis pas capable de faire ce qu’ils font», confesse-t-il. Car on ne s’improvise pas barbier.

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En plus du CAP coiffure, des stages complémentaires sont indispensables pour pouvoir exercer. Alain, maître barbier à Paris et formateur pour l’Institut National de la Formation Coiffure (INFC), confirme le regain d’intérêt pour cette spécialité, qu’il a longtemps été seul à exercer à Paris. «J’étais la locomotive et je vois qu’il y a des wagons qui s’accrochent», se félicite-t-il.

Le maître barbier accueille donc le phénomène «avec grand plaisir». Se félicitant d’avoir formé tous les barbiers sur Paris, il dit désormais recevoir «des stagiaires de toute la France». Et pour lui, cette spécialisation est importante, car «les hommes aussi ont besoin de se faire chouchouter».

Barbe «à la hipster»

Car en plus de se faire couper les cheveux, les clients peuvent ainsi confier leur barbe à de véritables professionnels. «La réciproque n’étant pas vrai dans les salons de coiffures traditionnels», fait remarquer Laurent, le barbier des Faubourgs, qui a appris son art en Turquie, «le pays de la moustache».

Côté tendance, Sarah, la seule barbière de la capitale, confirme d’ailleurs que, «même si la barbe de trois, quatre jours reste très demandée -car plus simple à entretenir- en ce moment la mode est à la barbe "à la hipster»». Encore faut-il pouvoir se la laisser pousser.

Mais que ceux dont la pilosité serait insuffisante se rassurent. La greffe de poils sur le visage, déjà en vogue en Turquie où le manque de poils est très mal vécu, serait également tendance aux Etats-Unis. Et peut-être bientôt aussi à Paris. Quant aux barbiers de la capitale, ils sont déjà prêts à accueillir ces nouveaux futurs clients.