Le Vélib’ tient la corde pour les rentrées tardives des Parisiens

Mathieu Gruel

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Illustration d'un contrôle d'alcoolémie et de stupéfiants réalisé par la police Nationale à Paris, le 6 août 2011
Illustration d'un contrôle d'alcoolémie et de stupéfiants réalisé par la police Nationale à Paris, le 6 août 2011 — REVELLI-BEAUMONT/SIPA

Ce moment où la soirée bascule. Tous les week-ends à Paris, à l'heure où s'éternise la fête, se pose la même question. Rentrer avec le dernier métro, ou repousser l’heure du retour, en se disant qu'on trouvera bien une solution pour allier son lit? Fred, la trentaine, reconnaît que «lorsqu'il n'y a plus de métro, ça m'arrive de prendre l'Autolib’».

Pas vraiment fan des taxis, il voit dans la voiture électrique un aspect pratique: «Tu réserves ton véhicule et ta place via l'appli, ensuite c'est direct sans changement». Le prix est également intéressant. Avec trois copains, leur dernier retour en Autolib' a coûté 4 €, «sans compter l'abonnement».

Contrôles de police

Et s’il dit «faire attention» par rapport à l'alcool, il avoue ne pas être sûr qu’il pourrait «passer le contrôle à chaque fois». En 2013 à Paris, plus de 10.000 dépistages d’alcoolémie ont été réalisés les seules nuits de vendredi, samedi et dimanche, a précisé à 20 Minutes la Préfecture de Police de Paris, qui rappelle que plus de  11.000 personnes ont bénéficié, la même année, de conseils de prévention spécifiques aux dangers de l’alcool et des stupéfiants au volant.

Mais l'intérêt des Parisiens pour l'Autolib’, notamment lors des soirées du vendredi et du samedi, semble confirmé par les chiffres de la Mairie de Paris. Plus de 2.000 locations ont ainsi lieu entre 23h et 5h du matin le vendredi (soit environ 17% du total des locations) et plus de 2.500 locations entre 23h et 5h du matin (soit environ 20% du total des locations) le samedi. Lors d'une semaine classique du mois de février, la mairie rappelle que les Autolib’ sont louées 71.000 fois.

Autolib’ et Vélib’ le week-end

Mais d'autres moyens existent pour les rentrées tardives. Ainsi, Fred confirme que s'il privilégie la voiture durant l'hiver, il préfère le Vélib’ dès que le temps le permet. Selon la mairie du Paris, 9.100 trajets sont ainsi réalisés par jour (9 % du total d’une journée) entre 22h et 2h du matin, du lundi au vendredi. Une fréquentation qui grimpe même, durant le week-end, à 9.900 trajets (12% du total d’une journée) sur la même tranche horaire.

Julien, lui aussi adepte de la petite reine, dit «faire gaffe», quand il sait qu'il a un peu bu. Ses quelques expériences en Noctilien ne semblent pas l'avoir convaincu. «C'est pas mal», reconnait-il. Mais, «même si c'est moins glauque qu'avant, c'est souvent blindé avec pas mal de mecs chelous».

«Archi bondé»

Pourtant en 2013, 9 millions de personnes avaient tout de même utilisé ce service, composé de 42 lignes et rayonnant sur l’Ile-de-France. Pas Alice. «Je l’ai pris une fois, il y a quelques année. C’était archi bondé. Depuis, je ne l’ai plus jamais repris». Alors, quand il n'y a plus de métro, «je prends le taxi», explique la jeune parisienne, jamais le vélo, «car je trouve ça un peu dangereux».

Au cours de l’année écoulée, la Préfecture de Police rappelle que 373 accidents, liés à l’alcool, ont entraîné le décès de huit personnes, dont trois piétons, quatre conducteurs de deux-roues motorisés et un conducteur de véhicules à quatre roues. 127 accidents avec stupéfiants ont également été constatés, occasionnant cinq décès, dont deux de piétons et deux de deux-roues motorisés, ainsi qu’un de conducteur de véhicule à quatre roues.